Erotisme

Oie blanche (3)

Klimt
Gustav Klimt

Je n’ai pas dessillé les yeux. Je l’entends me parler parfois, sans vraiment l’écouter, je m’abîme, paupières et poings fermés, dans des rêves lointains.
Il faut que je me détende ! Il me serine ce leitmotiv depuis le début. Mais la peur d’avoir mal est pour le moment la plus forte. Les essais se suivent, le lubrifiant venant en renfort de cette fleur trop serrée. Misère ! J’essaie de me relâcher. Mes visions prennent le pas sur mes frayeurs, j’imagine dans le secret de mon cerveau des scènes licencieuses où des femmes se font ouvrir et saillir, où elles ne sont plus que béances et possessions.

A force de patience, le doigt apprivoise, s’immisce et devient plus agréable. Il pénètre et tourne, fait son chemin, en camarade. Il se fait liant, affable, taquin à l’occasion, habile et curieux, avide d’en découdre mais sachant contrôler ses appétits. Le doigt-ami poursuit ses investigations, arrondissant les creux, élargissant les lieux, luisants et souriants de ce bien-être tout neuf.
C’est comme un massage interne, plutôt suave.

Il me faut me mettre à quatre pattes. Mon Dieu, comme c’est humiliant. Je n’aime pas cette position, je gigote pour me dégager. Mais il tient bon. Alors je tente de me laisser aller à ses attouchements. Avec le lubrifiant, le doigt s’amuse et je sens un picotement qui monte, une sensation de chaleur douce qui s’épanouit, avec un je ne sais quoi en plus qui me fait respirer plus fort.

Je crois que c’est le moment  où il a tenté de me pénétrer mais j’étais encore trop serrée. Il prend alors mon sexe, avec l’énergie de son désir, puis il revient derrière, s’aventurant dans les chairs froncées, les déployant peu à peu. Il me confirme l’instant d’après qu’il est bien en moi, entre mes fesses. Je demande si je dois me caresser. Il me le conseille. Je le sens aller et venir et la sensation devient de plus en plus affolante, il me semble que je mouille derrière, à moins que ce ne soit le lubrifiant ?

Je caresse mon clitoris et la spirale m’enroule, cela monte du fond de mes fesses et résonne au creux de mon ventre, mes chairs semblent devenues curieusement élastiques et s’ouvrent désormais à ce sexe d’homme. Il façonne cet orifice à sa taille, se laisse emprisonner pour mieux reprendre sa liberté, pour mieux pilonner ensuite. Je sens alors la vague monter, lente d’abord, comme un grand rouleau océanique, puis en déferlante inexorable, inattendue, dans laquelle on s’apprête à sombrer, noyée dans cette nouvelle sensation. L’orgasme arrive en même temps pour lui et pour moi, nous foudroie tout deux d’une seule et gigantesque vibration.
Je m’affaisse et je goûte ces volutes délicieuses au fond de moi. J’ai enfin réalisé ce fantasme inassouvi dont j’ignorais qu’il m’offrirait un tel plaisir : la sodomie.
©Perle Vallens

 

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