poésie

Entasser les mots

Marcel Mariën
Marcel Mariën

Je pose un mot sur l’autre, je les entasse bien serrés pour qu’ils me tiennent chaud. J’empile mes chagrins jusqu’à ce qu’il débordent. Je m’en couvre toute, ensevelie sous les phrases closes, sous les faux semblants et les sentiments masqués, sous les illusions dessillées.
La stèle vacille, menace ma raison qui glisse, lasse, au plus profond de l’amer. J’ignore les larmes de fonds, je m’exile volontaire, je délaisse le sens cassé de la mémoire, du bonheur passé, impossible à oublier.
J’ouvre le sas, presse le pas, graisse le doigt (dans la serrure) mais je suis dans une impasse. J’avance encore, jusqu’à la nasse. Pas encore la noyade, pas encore, pas encore… Mais le silence assourdissant que je ne peux assassiner.
©Perle Vallens

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