
L’amour est un tyran, un ogre qui dévore la chair et le sang, qui réclame sa part chaque jour, qui puise dans la veine bleue son flot d’émotions, qui épuise en rançons quotidiennes. Il mord et émiette, il parsème ses cailloux, il en met partout. Un leitmotiv qui agace les nerfs, les met à vif. Une seule image, une chaîne, une geôle, sans répit. Un sourire, un regard, une sangle tellement serrée.
Je ne veux pas être tyrannisée, traînée au sol, écorchée, mangée sans faim. Je veux retrouver le calme quitte à hurler, retrouver la paix quitte à me battre. J’aimerais entendre cette chanson douce, qui murmure dans mes veines, qui s’écoule trépidante mais sans me déchirer. Je veux le désir sans concession, l’abandon sans préavis, le plaisir en déraison, mais pas la douleur aigüe de l’absence. Je veux me laisser bercer, entre deux folies, flotter en attendant la brûlure, m’endormir un peu avant la prochaine morsure. Laisser l’ange veiller au loin.
©Perle Vallens






