Parfois je crache dans la soupe
de gros cailloux taiseux
une glaise épaisse
glisse en cercles
vicieux
Ils gâtent le consommé clair
le miroir des souvenirs
Ils raclent la gencive
percent les dents creuses
roulent en écumes
sur les jours passés
Je les regarde flotter
en surface
filaments suspendus
Ils finiront par fondre
enfoncés sous la nasse
des vérités scarifiées
dans le velouté clarifié
au blanc d’oeil
Cracher ses mots ou sa foi, sa colère, ses émois, cracher dans la soupe aussi parfois…
« Crachement » est le thème de Revue Méninge #12, à lire en version papier par ici, ou en libre accès sur le site de la revue, par là. « Tout baigne » est le poème sélectionné par l’équipe éditoriale de la revue, aux côtés, entre autres, d’un graphique et sonore texte de Florent Paudeleux, « Déboucher », et d’un très court poème de Delphine Burnod, sans titre.
Attrape-rêves a déjà un an. Quelques 130 billets, érotisme et surtout poésie, après que l’écriture soit devenue publique, il y a un environ an et demi.
Merci aux revues littéraires, photographes, éditeurs avec lesquels il y a eu quelques premières collaborations. D’autres sont à venir…
Merci surtout aux lecteurs, fidèles ou occasionnels qui passent par ici.
Jean Moral (sans titre surimpression de visages 1926)
On peut implorer le ciel, implorer n’importe quel amour, tous les sangs du monde, chaque plaie ouverte, chaque arbre de chaque forêt, chaque caillou sous la boue, chaque graine en terre, chaque pas dans les siens.
On peut prononcer des mots comme un dépucelage de bouche, des boursoufflures comme un claquement, un crachement, une fuite, qui éclatent en phrases lasses, sans cesse répétées.
On ne le sait pas assez mais les mots ont un coût. Et ils ont un goût aussi, parfois doux-amer sur la langue, parfois une persistance rance, des morceaux qui ne passent pas et restent coincés entre les dents, qui s’avalent par mégarde et restent bloqués dans la gorge.