
Temps de latence, dans les draps blancs
Temps des errements, des souffles lents
Temps de l’attente, fausse nonchalance
Temps chancelant, comme un flottement
Temps des silences, désirs violents
Temps désarmant, tant d’impatience
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Temps de latence, dans les draps blancs
Temps des errements, des souffles lents
Temps de l’attente, fausse nonchalance
Temps chancelant, comme un flottement
Temps des silences, désirs violents
Temps désarmant, tant d’impatience
©Perle Vallens

Le liseré du ciel flotte, mobile. La ligne fluide de l’horizon s’allonge, saoule de soleil. La paupière s’ajuste autour de l’oeil, ajoute de la lumière, une trouée pour aller plus loin, partir. Marcher, manger l’amer de la route, sa lenteur à digérer. S’enfoncer dans le sol, plus glaise que sable, zèle d’arpenteur. Lever le pied sous l’allonge vertébrale. Avaler son kilomètre bien frappé. Avancer, se hisser, s’adosser aux nuages. Tisser sa propre corde, sanglé dans ses certitudes. Bien placer ses pas dans les traces de peur de butter, de trébucher. Les parques te relèveront, tôt ou tard pour te montrer la bonne direction.
©Perle Vallens

Je repense à cet après, dans la fraîcheur des draps blancs. J’ai aimé alors cette sensation de ta force déployée, de ton corps pesant sur le mien, m’immobilisant, m’obligeant à rester collée à toi, dans cette intimité de peaux, de sueur, de fluides en coulures séchées ou encore humides. Nos jambes entremêlées, tes mollets emprisonnant mes cuisses pour que je ne m’enfuis pas, que je reste là, le nez enfoui dans ton ventre, le nez plongeant, fouissant dans ton odeur, les joues caressant les poils. Comme un apaisement entre deux larmes noires en sillons sur mon visage.
Parfois, j’y repense comme à un rituel qui adoucirait mes peines, mes doutes et le manque de toi…
©Perle Vallens

Il y a lui partout au creux des mains
Une fontaine de souvenirs se déverse entre les doigts
Dans l’interstice fermé de quoi recueillir encore quelques bribes
Je serre fort pour éviter la percée, en garder les traces
Les lignes s’entrecroisent au centre
reste une cicatrice, une entaille brève
poignets collés pour colmater la brèche
l’histoire courte d’une plaie mal refermée
©Perle Vallens

Du bleu au rouleau, frêle esquisse d’un havre dévale sous les dunes.
L’ami blême flotte, drapeau enfoui dans le sable, une bulle si blanche
qu’elle disparaît au loin.
L’âme file, fuite en avant, bruissement d’elle, coule et s’égrenne.
La penne geint, gît au vent, vile et pleine de rien.
Fol exil d’une amertume si humaine…
©Perle Vallens