
Le liseré du ciel flotte, mobile. La ligne fluide de l’horizon s’allonge, saoule de soleil. La paupière s’ajuste autour de l’oeil, ajoute de la lumière, une trouée pour aller plus loin, partir. Marcher, manger l’amer de la route, sa lenteur à digérer. S’enfoncer dans le sol, plus glaise que sable, zèle d’arpenteur. Lever le pied sous l’allonge vertébrale. Avaler son kilomètre bien frappé. Avancer, se hisser, s’adosser aux nuages. Tisser sa propre corde, sanglé dans ses certitudes. Bien placer ses pas dans les traces de peur de butter, de trébucher. Les parques te relèveront, tôt ou tard pour te montrer la bonne direction.
©Perle Vallens