
Hier, j’ai posé ma tête sur le ciel. Une étoffe de blanc et de silence. Un ciel qui souffle des mots d’écume pour faire mousser l’envie. Un ciel semé de graines pour faire pousser les vœux. Un ciel pour faire s’envoler la suie et dissoudre les ombres noircies d’humeurs, lourdes de plomb liquide. Un ciel qui inonde les mensonges et les stupeurs. Un ciel qui résiste aux effondrements. Un ciel qui échaffaude des digues, qui érige les joies simples, qui mouille de vin les larmes assoiffées.
J’ignore si le ciel entend mes souhaits, mes soupirs muets, s’ils sont perdus dans les nuées, s’ils s’exhaucent dans l’exil des nuages, s’ils s’évaporent dans leur sillage fébrile, si le vent les réduit en pluie, en poussière, en prix à payer, plus loin, plus tard.
Hier, j’ai posé ma tête sur le ciel, sans trouver le sommeil.
©Perle Vallens