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Décoquille-moi

A la pointe du couteau, la carapace s’étrangle et suffoque la vivace bestiole, dans l’ouverture scintillante d’un lent déshabillage, une percée suintante d’où s’écoulent l’attente, l’alarme, l’instant affolé.
Soulève la robe et dévoile la volupté d’une nacre qu’un jus suave enduit de ses sucs, les larmes salées d’un souffle d’iode, une folie douce, un délice marin.
Les gouttes tombent comme des perles entre les lèvres, explosent sur la langue toute leur humeur d’océan, l’afflux charnel d’un ressac dense.
Mâcher les chairs quand l’animal se rétracte, se craquelle sous la dent, se morcelle en frissons, glisse et s’abandonne dans la bouche désirée. Mouvant encore du sanglot des vagues, sinueuse ligne voguant, les eaux dans les eaux mêlées, il lâche toutes ses voiles d’un dernier soupir.
©Perle Vallens