
Au miroir assailli d’ombres, leurs rides se reflètent sur mon visage qui s’efface déjà.
Les impuretés se déposent comme un sable, dessillent les yeux, envahissent la bouche. L’épaisseur tapisse le palais d’humeurs aigres et tièdes.
Rien ne sert de cracher, la saleté incruste chaque grain, chaque sédiment. L’architecture des sentiments s’ouvrage dans le creuset d’une terre brute que les ans ont chargé de couches. Elles ont fini par sécher. Elles ont couvert les brèches. Elles se sont collées, entassées sur les souvenirs. Elles sont si épaisses qu’elles les empêche de respirer.
Voit-on encore clair dans le tain du silence étamé par le temps ?
©Perle Vallens