
le suaire de sa bouche
gagne entre mes cuisses
une magie de l’estuaire
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

le suaire de sa bouche
gagne entre mes cuisses
une magie de l’estuaire
©Perle Vallens

A la tranchée des frontières
la ligne de démarcation
entre les rêves et la mort
le silence se fait entendre
de sa voix sourde et longue
de vent dans les dunes
Rattraper le temps est affaire d’audace
courir encore si l’on peut
nager à contre-courant et remonter le fleuve
rabattre ses écailles avant la dernière rivière
avant la dernière rêverie
©Perle Vallens

S’endormir pas à pas sur la plage
plain-pied des trèves
S’allonger terre à terre sur le cœur
rompu aux errances
S’avancer mot à mot sur la page
en silence
avant de prendre le large
dans le premier rayon qui passe
le cargo lourd de rêves
à la frontière entre le temps du sommeil
et le temps de l’éveil
©Perle Vallens

J’ai regardé dans le tombeau et je n’ai pas compris
Je n’ai pas vu la mort du poème mais j’ai bu la force de la vie
J’ai pris entre mes mains les mots absents, je les ai inventés
J’ai pris entre mes yeux les images, elles m’ont caressée
J’ai lu la lumière sous le souffle, sous les pierres descellées
J’ai su que j’aimerais toujours cette lueur-là
comme un soleil dans l’ombre des cimetières
©Perle Vallens

Blafarde pensée
au sceau du lit
loin des remous
des draps froissés
Chasser l’ennui
l’indolente paresse
Aux deux seins se vouer
au ventre qui se creuse
à la force de la chair
la marelle des corps
parcourue à cloche pieds
sous une toile tarentule
un voile de doigts tendus
sur le bleu de la peau
©Perle Vallens
poème publié initialement sur Short Edition

Il faut caresser le noir dans le sens du poil
ou le sens inverse souffler sur la fourrure
égratigner l’encre et craqueler la lignite
du bout du doigt faire surgir les soleils
ceux d’hier et de demain
Il faut remuer le noir dans les paumes vides
essuyer les nuits d’un revers de main
chercher les reflets et chasser les frayeurs
des crépuscules sans fin
Il faut boire le noir d’un trait
s’enivrer de fumées et de cendres
avaler tous les charbons de toutes nos vies
en sertir le blanc de l’oeil pour mieux y voir
Il faut frotter le noir pour le faire briller
rallumer dans l’ombre les éclats dormants
réveiller la lumière au creux des abîmes
Il ne faut plus avoir peur du noir
©Perle Vallens
Poème inédit, Hallali sera lu le 20 juillet par Laura Lutard, à la suite du spectacle Mademoiselle Palmer : épopée ordinaire. Des lectures de poésie se déroulent chaque jour dans le cadre Poésie d’ici et maintenant, événement bénévole organisé par Yakshi Compagnie afin de promouvoir la poésie contemporaine sous toutes ses formes.
Edit : La vidéo est en ligne sur la page facebook de l’événement.

La voix s’étrangle de ne rien dire
Il a rangé la cravate
l’agrafe du goitre gravée sur la jugulaire
Il a foulé aux pieds l’uniforme
troué au côté, à l’endroit du cœur
un liseré pourpre replié sur l’envers
des paupières refermées
A la place, il s’habille de tripes
la tenue qu’il préfère
sa peau de poète
la fripe nue sur les chairs
un bleu de travail comme un ciel
qui laisse passer la lumière
large poche sur la poitrine
pour contenir les maux criés
les prières et les pleurs
Rien ni personne
il est juste un passeur
Il panse la misère en mots
Il a des priorités qui ne sont pas les leurs
Il tient de ces propos !
Il passe pour une forte tête
On le prend pour un rêveur
un déserteur de rangs
un empêcheur de se tenir droit
d’avancer d’équerre
Il dit trop haut, il écrit trop fort
ce que les autres ne pensent même pas
Il a beau leur dire
ils ne comprennent pas
Ils s’évertuent à croire
ils ignorent les ailleurs
ils refusent de les voir
Tout ce qu’ils veulent
c’est qu’il fasse ses heures
dans son costume étriqué
corvéable sans merci
Directeur de rien
il enfilera son armure pourtant
dès demain
©Perle Vallens
Poème initialement publié dans Revue Métèque #7, annoncé ici.Avec Dead Man de Jim Jarmusch et Johnny Depp en vis à vis, excusez du peu.

Pas d’équerre avec l’époque, la pensée de travers peine à se frayer un chemin parmi les autres. Incompris ou ignoré, emprisonné dans ses propres labyrinthes, aucun abri pour les incertitudes, nues d’une nudité censurée.
L’image restitue l’intraçable, l’apprêt ne rend rien.
Je ne sais pas si le monde est perdu ou si nous sommes perdus dans le monde.
©Perle Vallens
Milonguera est un projet réalisé avec mes danseuses de filles sur le thème du tango argentino, sur un air de Gotan Project, Santa Maria. Pas Buenos Aires mais les ruelles d’un village de Provence. Voici la version courte.
La version longue se visionne sur you tube : https://youtu.be/d1ME3uNWuLI