Emotion·photo n&b·poésie

Le tombeau

le tombeau©Perle Vallens

J’ai regardé dans le tombeau et je n’ai pas compris
Je n’ai pas vu la mort du poème mais j’ai bu la force de la vie
J’ai pris entre mes mains les mots absents, je les ai inventés
J’ai pris entre mes yeux les images, elles m’ont caressée
J’ai lu la lumière sous le souffle, sous les pierres descellées
J’ai su que j’aimerais toujours cette lueur-là
comme un soleil dans l’ombre des cimetières
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·photo couleur·photo n&b·poésie·Short Edition

Peau bleue

peau bleue©Perle Vallens

Blafarde pensée
au sceau du lit
loin des remous
des draps froissés
Chasser l’ennui
l’indolente paresse
Aux deux seins se vouer
au ventre qui se creuse
à la force de la chair
la marelle des corps
parcourue à cloche pieds
sous une toile tarentule
un voile de doigts tendus
sur le bleu de la peau
©Perle Vallens

poème publié initialement sur Short Edition

Emotion·photo n&b·poésie

Gravé dans le noir

gravé dans le noir©Perle Vallens

Il faut caresser le noir dans le sens du poil
ou le sens inverse souffler sur la fourrure
égratigner l’encre et craqueler la lignite
du bout du doigt faire surgir les soleils
ceux d’hier et de demain
Il faut remuer le noir dans les paumes vides
essuyer les nuits d’un revers de main
chercher les reflets et chasser les frayeurs
des crépuscules sans fin
Il faut boire le noir d’un trait
s’enivrer de fumées et de cendres
avaler tous les charbons de toutes nos vies
en sertir le blanc de l’oeil pour mieux y voir
Il faut frotter le noir pour le faire briller
rallumer dans l’ombre les éclats dormants
réveiller la lumière au creux des abîmes
Il ne faut plus avoir peur du noir
©Perle Vallens

Emotion·lecture·poésie

Hallali, lu par Yakshi Compagnie le 20 juillet (off Avignon)

Poème inédit, Hallali sera lu le 20 juillet par Laura Lutard, à la suite du spectacle Mademoiselle Palmer : épopée ordinaire.  Des lectures de poésie se déroulent chaque jour dans le cadre Poésie d’ici et maintenant, événement bénévole organisé par Yakshi Compagnie afin de promouvoir la poésie contemporaine sous toutes ses formes.

Edit : La vidéo est en ligne sur la page facebook de l’événement.  

Emotion·poésie

Rien ni personne

rien ni personne

La voix s’étrangle de ne rien dire
Il a rangé la cravate
l’agrafe du goitre gravée sur la jugulaire
Il a foulé aux pieds l’uniforme
troué au côté, à l’endroit du cœur
un liseré pourpre replié sur l’envers
des paupières refermées

A la place, il s’habille de tripes
la tenue qu’il préfère
sa peau de poète
la fripe nue sur les chairs
un bleu de travail comme un ciel
qui laisse passer la lumière
large poche sur la poitrine
pour contenir les maux criés
les prières et les pleurs

Rien ni personne
il est juste un passeur
Il panse la misère en mots
Il a des priorités qui ne sont pas les leurs
Il tient de ces propos !
Il passe pour une forte tête
On le prend pour un rêveur
un déserteur de rangs
un empêcheur de se tenir droit
d’avancer d’équerre
Il dit trop haut, il écrit trop fort
ce que les autres ne pensent même pas

Il a beau leur dire
ils ne comprennent pas
Ils s’évertuent à croire
ils ignorent les ailleurs
ils refusent de les voir
Tout ce qu’ils veulent
c’est qu’il fasse ses heures
dans son costume étriqué
corvéable sans merci

Directeur de rien
il enfilera son armure pourtant
dès demain
©Perle Vallens

Poème initialement publié dans Revue Métèque #7, annoncé ici.Avec Dead Man de Jim Jarmusch et Johnny Depp en vis à vis, excusez du peu.

écriture·Emotion·photo n&b·poésie

Comme va le monde

Monde ©Perle Vallens
Pas d’équerre avec l’époque, la pensée de travers peine à se frayer un chemin parmi les autres. Incompris ou ignoré, emprisonné dans ses propres labyrinthes, aucun abri pour les incertitudes, nues d’une nudité censurée.
L’image restitue l’intraçable, l’apprêt ne rend rien.
Je ne sais pas si le monde est perdu ou si nous sommes perdus dans le monde.
©Perle Vallens