
Au ballet des arbres se balancent leurs ombres. La peine qu’ils ont ne se voit pas. Ils courbent juste un peu la tête, restent là, bras ballants.
A trop regarder la terre, ils en oublieraient le ciel.
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Au ballet des arbres se balancent leurs ombres. La peine qu’ils ont ne se voit pas. Ils courbent juste un peu la tête, restent là, bras ballants.
A trop regarder la terre, ils en oublieraient le ciel.
©Perle Vallens

Grains à grains peu à peu
le sable s’émiette
la cendre que le soleil a laissé
Le sol s’effrite
s’effondre sous les pas
colle aux basques aux pensées
colmate les mélancolies
une glaise d’été
Amasse la poussière des souvenirs
comme les coquillages morts
les sourires en suspension
entre deux ciels
©Perle Vallens

Là-bas, la poussière saupoudre chaque densité invisible nourrie au sang des saisons. L’ombre se dépose en présure, en brisure de sel sur le caillé du ciel. La forêt s’est refermée à force d’attendre la lente floraison.
Derrière les volets de feuillage, les bouches errent, lèvres à vide, cherchent des baisers noirs dans les bras des arbres.
©Perle Vallens
Le froid a saisi tout ce qu’il pouvait de branchages et des dernières fleurs survivantes. Cela sent l’hiver précoce jusque dans les marais environnants. Les oies sauvages les ont quittés depuis plusieurs jours, suivis par les cygnes et les canards. Le vent se lève, roucoulant et feulant en animal conquérant dont c’est désormais le fief. Il allonge les roseaux, dociles sous la caresse, les érige brutalement en éructant par rafale.
Dans le village, le vent se montre timoré, freiné dans ses atteintes par les hauts murs d’enceinte. Il affronte seul la tour dite haute, où ne sonne plus que rarement la cloche de tourmente. Ici, on a foi dans la force des tempêtes et l’on craint les éléments. (…)
La suite se lit sur Short-Editions. La forge est un texte écrit pour le prix « Court et noir », sur le thème de la « fournaise ».

Gagner l’immense étendue des souvenirs, un grondement des profondeurs.
Se coucher dans l’humeur du temps et la couleur du thé, trembler un peu.
Vaciller au bord de soi avant de sombrer. Oublier. S’oublier.
©Perle Vallens