Le froid a saisi tout ce qu’il pouvait de branchages et des dernières fleurs survivantes. Cela sent l’hiver précoce jusque dans les marais environnants. Les oies sauvages les ont quittés depuis plusieurs jours, suivis par les cygnes et les canards. Le vent se lève, roucoulant et feulant en animal conquérant dont c’est désormais le fief. Il allonge les roseaux, dociles sous la caresse, les érige brutalement en éructant par rafale.
Dans le village, le vent se montre timoré, freiné dans ses atteintes par les hauts murs d’enceinte. Il affronte seul la tour dite haute, où ne sonne plus que rarement la cloche de tourmente. Ici, on a foi dans la force des tempêtes et l’on craint les éléments. (…)
La suite se lit sur Short-Editions. La forge est un texte écrit pour le prix « Court et noir », sur le thème de la « fournaise ».