
Un cirque s’est installé
la lanterne magique qui tourne
sur le parking de ton crâne
son lac nocturne sur l’auvent
juste pour refléter les étoiles
C’est sans compter le poil gris des bêtes
leurs crocs arrachés
une transhumance comme un manège
qui mêle les cris et les plaintes
le risque d’abandon n’est pas loin
sous les dos pelés
Et toi qui passes par là
tu regardes le dompteur de travers
le dézingueur à la chambrière
les brimades et les pleurs muets
la magie du cirque
disparue dans les plaies
Tu le sais, on l’a tous
notre combinaison intégrale
notre peau de léopard
trouée au fouet d’hier
rapiécée chaque jour
au crochet des nuits
sous l’auvent aux étoiles
©Perle Vallens



