
Je sais le plaisir du peu, du petit, du perdu. Le premier est aussi le dernier, celui qui ne sait pas, celui qui ne voit que d’un œil, celui qui parle pour ne rien dire. Le plus transparent, celui qui s’efface derrière l’arbre, sur la piste de course, sur le bord de la route. Celui qui roule tout seul, sans aide, celui qui se pousse à peine mais qui avance quand même, à petits pas. Celui qui a des jambes courtes, des cheveux ras, une peau qui tremble un peu à chaque passage, celui qui a le souffle court, celui qui se laisse traverser par le silence, par le sillage du rien. Celui qui survit au vide.
©Perle Vallens