
La langue rongée, mordue dedans la bouche vide sur la longue rangée des mots. La langue coupée du reste du monde.
La langue tombée si bas qu’elle ne dit plus rien. La langue court les rues désertes, le désarroi des îles.
La langue s’échoue loin des repères connus, se cogne contre des paroles convenues.
La langue salive à l’idée de l’autre, depuis longtemps l’oublié, l’esprit vague qui hante la gorge.
La langue captive rend ses armes de feu.
©Perle Vallens