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Temps mort

temps mort©Perle Vallens

Temps mort comme un cheval trop vieux. C’est une parenthèse blanche qui brûle les yeux, un aveuglement momentané, une césure dans une phrase. La voix s’éraille puis se tait. L’incertitude prise en tenaille entre deux instants. L’absence comme démence profonde, cachée. Ce qui ronge l’intérieur, très lentement, ne se ressent pas, ne se réalise pas, dort dans sa saumure, empoisonne doucement, de son venin de miel, du fiel de sa main.
Temps de rien et de doute. Temps d’autre âges, d’autres lieux qui toujours reviennent comme le chien à sa place. Temps que le vent n’emporte pas, qui stagne, eau croupie des heures, le marécage où s’englue le fil ininterrompu de l’ennui. Temps qui sale le ressac d’un coup de langue toujours recommencé. Toujours lèche, jamais ne s’arrête.
©Perle Vallens

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