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Mots en meute

paupière fermée©Perle Vallens

la poésie est amnésique, elle est le poids de non mémoire, de non identification.
Les mots ne disent rien de compréhensible. Les mots se cherchent juste un chemin à travers la peau. Ils vibrent en percussion que nous percevons de loin, à l’intérieur.
La rage aide à rassembler les mots perdus. Tous les mots en meute regroupés sur le-dessus se mettent parfois à hurler.
Les paroles noyées dans la nuit ne veulent rien dire, juste qu’elles se noient dans la nuit.
©Perle Vallens

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Tatam tatoum, des images et du son

Voici une mise en image du texte diffusé initialement sur souncloud, Tatam tatoum, lecture « slamée » après cette variation plus « classique » du même thème.

Edit 18 mai 2020 : cette mise en image a été réalisée à l’appel de Séverine Daucourt, dans le cadre de sa résidence d’écrivain au Cerep Phymantin (Paris 14è). Elle a ainsi réuni 65 lectures de poètes/auteurs/autrices afin de réaliser une « poéthèque », élaborée dans l’urgence et destinée aux élèves/patients du Cerep pour les inciter à maintenir un lien avec la langue, avec la poésie et avec le groupe auquel ils appartiennent. Une façon de pallier les ateliers qu’elle animait pour et avec ces jeunes. La chaîne/poéthèque « A voix haute » est accessible sur youtube.

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Bleu comme un mot

mot ciel©Perle Vallens

Je rêve d’une vie avec vue sur le ciel mais toujours mes yeux traînent par terre.
De crainte de les perdre, je les range dans ma poche. Je pourrais les mettre dans ma bouche, là où dorment les mots. Peut-être qu’ils y croiseraient le mot ciel. Il est bien plus petit, moins bleu mais cela peut sans doute suffire au début, le mot ciel. C’est peut-être un tremplin ou une échelle. Peut-être que le mot ciel est un mot-clé pour ouvrir le ciel.
©Perle Vallens

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Retour à l’état sauvage

état sauvage©Perle Vallens

Il est possible d’exiger un droit au retrait d’identité pour un délai indéterminé. Peut-être se disperser un peu, se diluer en transparence de soi. Taire ce que l’on est, tarir les sources du nom et de l’origine.
Eventrer les cages d’escalier, en écarter les barreaux. Se retrancher volontaire au fond des forêts.
Seule persistance d’une trace de vie, un souffle anonyme.
Aucune disparition signalée.
©Perle Vallens

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Impression vague

impression vague©Perle Vallens

Au milieu du désordre, le désir flotte, une plaie ouverte à tous les courants. Qui sait ce qu’il en coûte.

Tu dis, sortir de sa zone de confort comme de sa zone de confinement.

La langue barbare hésite entre ses mots, borborygmes incompris qui n’ont plus leur place ici. Personne ne te dira plus.

Le monde n’est plus celui que tu espérais. Nulle part ailleurs n’existe plus.

Dos tourné, oeil vague qu’on ne rince plus qu’à l’eau douce.
©Perle Vallens