
Les pensées naissent prématurées. Elles sont de l’art pariétal non encore inscrit sur les murs.
Les murs, il faut d’abord les monter. Ils sont par terre. Ils se sont écroulés faute de pensées pour les faire tenir.
Les pensées sont le ciment pour faire tenir débout. Les pensées redressent. Elles donnent une stature. Elles sonnent juste seulement quand elles sont droites.
Parfois les pensées poussent de travers comme le chiendent dans le jardin. Il faut arracher les mauvaises pensées. Il faut les arracher une à une à la racine, dans le creux du sillon, à la source. Il faut les arracher à la naissance. Il faut les arracher d’un coup sec mais avec la tendresse qu’il sied pour toute pensée. C’est une question d’humanité envers toute pensée, même mauvaise, même si elle devient un mauvais rêve.
Il faut arracher les mauvaises pensées précisément parce qu’elles sont mauvaises. Le conseil est de les arracher avant qu’elle ne se ressèment, avant qu’elles n’essaiment les pires pensées.
Il convient de détacher chaque pistil avec précaution et de le vendre au plus offrant. Il y a toujours acquéreur de mauvaises pensées.
Il faut déraciner en conscience. Il faut extraire et déterrer toute trace de pensée. Il faut débroussailler tout l’espace jusqu’à l’espérance, faire place nette pour les meilleures intentions.
Surtout, il faut se boucher les oreilles pour échapper au cri déchirant des mauvaises pensées. Les pires pensées nourrissent les cauchemars de leurs cris.
©Perle Vallens








