
S’il faut déterminer la longueur des absences et des retraits, un a un dans le sens du vent. S’il faut compter comme un démembrement la différence entre elle et les autres. Entre elle et les arbres.
Elle mesure la pulsation du temps qu’il faudrait pour parcourir la distance entre elle et sa propre mort. La perspective rendue plus loin, incalculable.
La triangulation entre son corps, le soleil et le point le plus éloigné d’elle sur la terre ne permet aucune conclusion. La fadeur est exclusion, une solitude de la peau que rien ne dévore plus.
Elle est à court d’argument et de preuve, elle avance à la seule force de sa curiosité qui fait comme une déchirure.
Elle exerce son attention. L’acuité fait défaut au crépuscule, il faut pénétrer la lumière artificielle, et s’en laisser pénétrer. Alors seulement, elle peut voir. La nuit percée à jour.
©Perle Vallens

