Emotion·photo n&b·poésie·prose

Matinales

Chaque matin mettre en marche la mécanique du jour, remonter le ressort avant qu’il ne se casse.
Actionner toute les machineries, manoeuvrer jusqu’au déclic de la lumière.
Chaque matin chercher dans l’encoignure des portes, dans le renfoncement des fenêtres un nouvel effet magique.
Agrafer les premières images en suspension, les premiers reflets dans l’axe du corps.
Chaque matin, renouveler sa propre voix, voir naître un nouveau rêve vivace, sa floraison et sa croissance. Et surgi de l’aube, l’appel profond, frauduleux, d’un désir clandestin.
©Perle Vallens


Emotion·photo couleur·poésie·prose

La mer scie

Le seul mouvement qui vaille, la vague. La mer avance et recule avec une constance qui force l’admiration, qui suscite l’effort repetitif. Avancer puis reculer pour mieux avancer, pour encore reculer. C’est la répétition, la même façon perpétuelle de continuer. Le ressac de chacun, ses échecs, les échappatoires, les reculades.
La mer ne se soucie de rien d’autre, elle avance et recule. Elle scie le temps en deux mouvements. 
Elle scie dans le vide de la vague qui se remplit aussitôt, elle avale le vide et se remet à scier. elle scie sans fin depuis si longtemps que le sens a été oublié. Personne ne sait, personne ne se souvient. 
La mer scie sans cesse dans la simplicité, elle scie dans l’insouciance. Elle passe et repasse sur les impatiences, elle les use à force, elle assure une certaine continuité des choses. Il n’y a qu’à suivre le mouvement.
©Perle Vallens