
Chaque corps enferme un fauve. Il s’use les crocs sur la corde humaine, Il crache son enfermement, cherche ses racines tout au fond, pris au flanc, la forme primitive de toutes les volontés. Il défriche les anciennes terres, creuse son propre trou pour plus tard, ensevelit toutes les fonctions annexes.
Chaque corps est un animal difficile à domestiquer. C’est un animal sauvage, solitaire, féroce. Le corps est un animal comme les autres. Il vaut sa part de viande fraîche et de carnage. Il veut son pesant de sang et de pluie,
Personne ne sait le dresser tout à fait. Le dompteur est sa première proie. Il se jette en pâture à lui-même. La part d’ombre contre la lumière, une manière de se dire, une vie pour une autre.
Chaque corps gronde à l’intérieur. Chaque corps hurle dans le noir. Les vieilles craintes de l’obscur et du miroir où regarder ses erreurs bien en face. Celui qui peut vaincre sa peur à coup de poing, à coup de tripes, celui qui sait se délester plutôt que se détester, celui-là survit à sa bête intérieure.
Chaque corps est prêt à bondir, à mordre, L’attaque est la meilleure défense, l’attaque est la meilleure réponse. Un peu de cruauté, un peu de courage. Regarder les saccages dans le blanc des yeux. Regarder blanchir le pelage qui perce sous le couche lisse.
Le corps ne sait pas panser ses blessures, il préfère arracher l’organe, se démembrer. Il préfère une petite torture, il préfère un sacrifice, question de survie. Il recrachera ce qu’il faut. Il y laissera sa peau. Il lèchera sa plaie jusqu’à l’os.
Pas encore mort. Mais après, qui réclamera le corps ?
©Perle Vallens
superbe texte Perle. merci !
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Merci Michel
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