Erotisme·photo n&b·poésie

Nature

Nature tu m’as faite, réduite à la peau, dans les broussailles nue. Captive pourtant de ne sait quelle emprise. Encore.
Nature l’attache invisible, ineffaçable.
Imprécise la nature dans laquelle je suis, insondable.
La place nue aussi, l’espace s’estompe, une folie douce peut-être. Mais une folie. Dévoratrice.
Nature je suis, et je reste en mes songes, possiblement dévastée.
©Perle Vallens

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Elle dit (3)

Elle dit. Et c’est encore un semblant de blessure dans l’accent, dans ce qui se prononce derrière les mots. C’est ce qui se fragmente. L’essaim se morcelle, s’éparpille en miettes qu’il faudra bien ramasser pour en faire quelque chose. Il y a quelque part une variable d’ajustement qui danse sans se fixer. Ce n’est pas compromission, ni paresse mais trace en suspend, l’instinctif essai d’accéder à la grâce d’un seul coup. Elle est déjà dans une autre dimension. Une perception d’intensité, d’immensité en soi. Un paroxysme peut-être.
©Perle Vallens

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Puisque la main


A deux pas, la porte.
Puisque l’on ne peut revenir en arrière.
Puisque l’insistance du soleil.
Puisque l’air plus loin embaume une promesse
qui ne saurait mentir.
Puisque la main peut être fiable.
Puisqu’elle peut savoir l’intelligible,
puisqu’elle peut voir l’invisible.
La main nous presse dehors.
La main rapproche le ciel.
Ce n’est que pour saisir l’instant.
©Perle Vallens

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Elle dit (2)

Elle dit. Et c’est encore un soubresaut qui la saisit, une trace laissée dans le silence. Elle ne sait si le son l’emporte, si la voix lui redessine une veine. Le sang lui bat au fond du ventre. C’est là que le mot qui s’est échappé trouve refuge. C’est là qu’il geint longtemps après. C’est là qu’il joint toutes les terminaisons nerveuses. C’est là que se rejoue le désir. Elle se Iaisse fléchir. Encore un peu.
©Perle Vallens

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Elle dit

Elle dit. Et c’est une cérémonie dont rien ne se garde, dont tout s’échappe. Elle est restée longtemps au bord du rêve. Elle est restée la tête en bas. Elle est restée ainsi en silence. Elle a ouvert le rêve avec la bouche. Le rêve a coulé au fond de sa gorge. Le rêve l’a nourrie en goutte à goutte. Le rêve l’a arrachée à elle-même. Elle nage maintenant. Au plus profond.
©Perle Vallens

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Ce qui se dit

(Verbe du premier groupe. Première lettre de l’alphabet.)
Dit tellement plus que ce qu’il semble dire.
Dit la montagne et le ciel et la mer et la tempête.
Dit l’insuffisance de l’habitacle, bien trop petit, trop étriqué.
Dit les grands espaces et les envols.
Dit la démesure et les silences.
Dit tous les oui dicibles et indicibles.
Dit aussi les non qui affleurent, les refus, les larmes en rafales.
Dit aussi la souffrance, trop grande pour une seule personne.
Dit aussi tous les cris intérieurs et ceux qui franchissent la bouche.
Se conjugue bien à l’imparfait. Aussi.
©Perle Vallens

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Un autre langage

Reçues en partage, les forêts dansent. Au plus sombre, les arbres surgissent et pensent en nous-mêmes. Ils apparaissent en sons, en mots libre dans nos bouches.
Nous jouons avec les esprits. Nous cachons nos langues dans nos mains. Nous inventons un nouveau langage noué dans l’écorce. Nous y gravons de nouveaux sens versés dans l’eau des pluies. Bientôt ils germeront. Alors.
©Perle Vallens

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Travailler l’image

Offre remarquable appliquée aux circonstances, ce qui convient à la construction de l’image, celle que l’on n’avait pas imaginée. Elle surgit d’un moment à l’autre, se rassemble, s’éternise.
Dessous, d’autres strates s’écartent pour laisser passer l’insupportable. Le cadrage ne pardonne pas. Il laisse entrevoir toutes les imperfections. Il laisse exister toutes les erreurs.
Le désordre se réconforte dans sa mise en page du réel. Tout trait fourmille de points, tout temps se nourrit d’instants.
Il faut cadrer plus large, voir le tout dans son ensemble, percer les clôtures, abattre les cloisons d’une vie trop rangée.
On peut toujours retoucher par un retour en arrière, par un juste retour des choses. On peut toujours redessiner les contours.
©Perle Vallens