
A l’ouest de ta peau, il y a toujours ta peau
elle vibre en oscillations fluides
en vagues lentes où ma main navigue
et vogue plus loin
au gré des cardinaux
à mon nord éperdu
à ton sourire accrochée
je tangue sur l’épidermique
marée
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

A l’ouest de ta peau, il y a toujours ta peau
elle vibre en oscillations fluides
en vagues lentes où ma main navigue
et vogue plus loin
au gré des cardinaux
à mon nord éperdu
à ton sourire accrochée
je tangue sur l’épidermique
marée
©Perle Vallens

Un mirage se prêche genou en terre, à planter autre chose que des choux
La magie opère loin des tables de chirurgie où celui, où celle qui s’allonge
s’ouvre le ventre et les gorges déployées
S’il connaît son solfège qu’il me fasse chanter
D’un doigt l’accroché enserre mes hanches, ses largesses
diaphanes à profusion
y cueillir trèfle à quatre feuilles
me souffler dans les bronches
son air, mon air, celui de ne pas y toucher
mais défricher les jachères sous la peau
©Perle Vallens


J’allonge le pas dans mon rêve
J’allonge mes jambes
tout mon long ça fait peu
Mon lit, ça me fait de belles jambes
A la longue mon rêve s’allonge
A la longue, la vie n’est pas plus
large que mon lit
©Perle Vallens

Je vois. Ou peut-être pas. Peut-être que j’imagine. Peut-être que c’est un piège, juste une image. L’image d’une image. L’image dans l’image.
La beauté brouille ses pistes. La beauté abat ses cartes. Sans joker, beauté brute, immédiate. C’est l’image d’un soleil, l’image d’un éblouissement, d’un choc, d’un aveuglement.
La première fois, c’est un grand silence à l’intérieur. L’effet tenaille à rompre les organes. L’effet grenaille à piquer les paupières.
La deuxième fois, j’étreins ce que je vois. A m’en étouffer. Je m’ébouriffe, je me dézingue, j’ingurgite à m’en déglinguer l’œil. Tant d’étincelles tant d’éclats.
Et à chaque fois je me prends un uppercut. Un doux et long uppercut. Gros shoot. No bluff. De plein fouet. J’en ai plein la tête. Plein les veines. J’en suis pleine, c’est en moi. Cela diffuse, cela diffracte, cela reste longtemps.
Après, je me dis que je sais. Je connais cette émotion, je la reconnais. Je suis prête. Elle peut venir, la beauté. Toute la beauté du monde. Je l’attends de pied ferme. Elle peut me frapper en pleine face, la beauté. J’encaisserai.
©Perle Vallens
Retour aux premières amours… La cuisine, les bons produits, les souvenirs d’enfance.
C’est à la revue en ligne Le Ventre et l’Oreille (qui diffuse également sous format papier sur la gastronomie et la musique), que j’ai proposé ce morceau d’anthologie familiale qu’est le clafoutis maternel, exclusivement aux cerises de Montmorency. A lire ici.


NB Panique sera le titre de cette longue série de caviardages, tirée d’un livre complet et unique.
Nouaison est le poème choisi par Ghyslaine Elbe à l’occasion du dernier Jeudi des mots, (groupe de lecture de poésie emmené par Marilyne Bertoncini), une édition intitulée Un jeudi nommé désir, le thème de ce Printemps des poètes étant précisément le désir. Ici désir amoureux et charnel.
Nouaison
Il y a des bras plus grands que des bras.
Et des jambes plus longues qui arpentent les tailles, les torses, toute l’étendue de nous. Tenus, légers, que soulève l’impatience, frissonnants de l’épuisement à venir.
Il y a les langues qui s’entortillent, se pressent à se dire des secrets, à saillir la joie. Les langues qui enchantent la musique de nos souffles.
Nos bouches s’emmêlent, se mordent, se mâchent chaque fois pour garder longtemps le goût en mémoire.
Il y a nos corps aux jointures qui se touchent, les flancs fouettés par la fougue, la houle que nous formons. Et la chair gonflée de notre chaleur, brusquement montée en crue.
Il y a nos mains qui prennent la mesure des frénésies. Les doigts fendent et dansent, dans les fêlures, assignés aux carnages et à la lumière.
Il y a ce qui claque hors sol, ce qui respire dans l’étreinte, ce qui se renouvelle, ce qui nous appelle, encore. Là où tout est comblé, où aucun vide entre nos corps encastrés.
Nouaison, non prisonnière, je ne nie pas, je m’érige grandie de toi, amplifiée, augmentée par le désir.
©Perle Vallens


Ma bouche trop occupée
pour cacher quoi que ce soit
qui s’étouffe dans la gorge
des archives de la chair
le cerveau est de mèche
qui mâche chaque mot
déjà appris
©Perle Vallens
Ceci inaugure une série de caviardage. Il s’agit de biffer à l’encre (en noir, couleur du caviar) des mots dans un texte, du nom d’une pratique qui date de la Russie du XIXeme siècle, devenue d’usage poétique, notamment récemment popularisé par Lucien Suel.
J’utiliserai un seul livre pris au hasard (presque) de 136 pages, soit 136 caviardages (presque)… Voici le premier.
