
Caviar 6

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


Miroir au pied, l’eau stagne, glacée
Petit lac à la pointure exacte, à la pointe du cuir, une flaque
La tentation de sauter, d’y mettre les deux pieds
D’un coup
Le parcours de la tâche d’eau, un trou, liquide en creux qui se résorbe à la fin de la journée
Ne reste qu’une ombre d’eau
©Perle Vallens
Soit il obtempère, soit pas.
S’il n’obtempère pas cela signifie sans doute soit qu’il se fiche des conséquences, soit qu’il se croit au-dessus de tout ça.
S’il se fiche vraiment des conséquences, soit il finira par le regretter, soit il est totalement insensible.
Mais s’il s’avère qu’il est totalement insensible, cela veut sans doute dire qu’il est malade, à moins qu’il ne le soit pas.
Mais alors, s’il n’est pas malade, il est forcément soit un sociopathe soit un mort vivant.
Si c’est un sociopathe, soit c’est de naissance, soit c’est la société l’a rendu ainsi.
Si c’est la société qui l’a définitivement abîmé, soit il peut péter un plomb à tout moment, soit il restera dans son coin toute sa vie.
S’il peut péter un plomb à tout moment soit c’est un danger en puissance, soit il est parfaitement capable de se maîtriser.
S’il est un danger, une bombe humaine, soit il l’est pour lui-même, soit il l’est pour les autres.
S’il l’est pour tout le monde, s’il s’avère qu’il est non seulement un sociopathe mais aussi un psychopathe, soit il faut s’en tenir éloigné, soit on prend vraiment des risques à le fréquenter.
Si on prend des risques avec lui, soit on se sent suffisamment fort pour le désamorcer, soit pas.
Si l’on n’est pas apte à le désamorcer, cela signifie sans doute qu’on est soit inconscient, soit suicidaire.
S’il s’avère qu’on est suicidaire, soit nous souhaitons vraiment mourir, soit nous nous leurrons sur nous-même.
Si nous souhaitons vraiment disparaître de cette terre, soit nous ferions mieux de trouver un meilleur moyen que lui, soit on pourrait finalement trouver ça fun de mourir par son entremise, directe ou indirecte.
Si on trouve ça fun, soit on est taré soit on est cynique.
Si l’on est cynique, soit c’est par misère affective soit c’est par nihilisme pur.
Si l’on est nihiliste, soit on naît nihiliste, soit on le devient.
Si on le devient, soit c’est un mauvais concours de circonstances, soit c’est la société qui nous a définitivement abîmé.
©Perle Vallens
(écrit en atelier, ceux proposés par Laura Vazquez dont vous avez pu lire certains textes ici, avec clin d’oeil à Serge Gainsbourg dedans)

Résonances est une revue éditée par Jacques Flament qui se propose de marier textes et photos.
L’impossibilité d’un cri est une micro-nouvelle écrite sur la base de cette photographie de Patrick Devresse et qui évoque tout ce que le corps nous dit, ce qu’il tait et surtout ce qu’il exprime de douleur.




Il suffirait que tu dises les mots, prononcés dans le creux de l’oreille, dispersés le long de mon corps, de la nuque au creux des reins, tes mots en replis, en caresses, en cours sinueux, en rivières et en tumultes.
Il suffirait de t’entendre murmurer ce qui a été oublié, ce qui a été tu depuis si longtemps, les secrets, les étreintes, tous nos interdits.
Il suffirait de laisser glisser ta voix sur mes épaules, si lentement, ta voix devenue rauque, profonde, cette voix qui creuse mes entrailles, qui fait gonfler ma gorge, qui la remplit de toi par capillarité.
Il suffirait de lisser mes cheveux de ton souffle, revenu par saccades, à peine, une suspension, une attente.
Il suffirait d’un seul silence entre tes mots en errance sur ma peau.
Il suffirait que je te reconnaisse à ces mots, à ta voix, à ton souffle, à tes silences, que je te reconnaisse au sourire des mots, à leur lumière, à leurs sens cachés, au tressaillement de ces mots, à leurs modulations, à leurs injonctions, à leurs prières, aux percussions de ces mots, à leurs séismes, à leur urgence, à leur désir.
Il suffirait de si peu et de beaucoup à la fois, tu vois, pour que je flanche, que je sois submergée, que je tombe d’un coup.
Et pour que tu me relèves, à la force de tes bras, à la force de tes mots.
©Perle Vallens

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