
contre l’oeil qui fait face
pupille terreuse de désert
rance de cirage noir
oeil cerné de ses vides
ne voit que d’un et pourtant aveugle
contre la peau qui s’écarte
percutée du sang froid
tannée raidie de sa nuit
se parsème poussière
tombée avant l’heure
contre les corps ruinés
dépecés percés à vif
sectionnés au premier nerf
tant de mutilations d’avant-scène
temps de rapines et de violences
contre l’invective des mots
n’ayant de cesse répétés
sans ivresse fausses
vérités répercutées
dans le haut des crânes
contre les silences qu’assiègent
des visages réduits à rien
tous sens inversés tenus entre
tenailles d’absence d’incertitude
d’absolue tristesse
magie des mains jointes
je jure par l’image
par la chambre noire
je conjure le mauvais sort
je lance mes propres chants
mes sortilèges
©Perle Vallens