
Caviar 17

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Comme son nom l’indique, récapitule ici les parutions en revues littéraires, anthologies de poésie et nouvelles parues chez la Musardine, ainsi bien sûr que le premier prix du concours du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (PNE) organisé par les Avocats du Diable en partenariat avec les éditions Au diable vauvert.
NB je ne cite pas les parutions chez B-Sensory, l’éditeur n’existant plus…





La fureur éteinte est un fauve tapi qu’il serait temps d’éveiller. Mais il dort non stop. Ni agir ni fuir, aucune échappatoire.
On cherche la première consolation venue sur écran. On ouvre et on referme ses mains avec l’espoir d’y trouver quelque chose. Quelque chose à faire. Mais rien.
L’ennui ne sommeille pas, il tenaille, tient la tête entre ses doigts serrés, il la presse, en extrait tout le jus, épuise toute l’énergie en vaine projection. On fait quoi ? On faiblit d’ennui crasse, de feu refroidi.
L’ennui nous berce contre les murs, tisse sa toile gluante, colle nos yeux au vide, cogne les crânes de son trop creux, nous remplit de rien.
L’ennui réfrène et anéantit. Il pèse et nous brise, il nous morcelle, affalés, avachis. Il nous maintient plaqués au canapé, nous empêche, nous amollit. Il nous dessèche, nous réduit au néant.
Cet ennui qui menace reste, s’ancre, s’incruste, persiste et signe notre arrêt de vie.
©Perle Vallens
L’anthologie « Vivant(e)s » des Editions de l’Aigrette vient de paraître avec 32 poètes. J’ai la joie d’y figurer avec le poème inédit Comme ça vient.



déborde ménade
bois ce qu’il reste à boire
tes vertus se purgent
dans la forme quotidienne du ventre
dans le volume gonflé du sang
dans la forme verticale du corps
déjà passé par trépas plusieurs fois
tu t’en fous il te reste neuf vies
©Perle Vallens

Le thème du numéro spécial de la revue Mot à maux qui vient de paraître est « s’ouvrir au monde ». 13 poètes y sont publiés, sur plus de 100 pages, j’y signe trois poèmes d’un travail en cours, provisoirement baptisé Carcasse.
Vous trouverez sur le site Internet de la revue de quoi commander ce numéro .



coupe courte
bien dégagée autour de l’os
il n’y a pas à pousser
pour tout faire entrer dans la boîte
tout replier dans le bon sens
le supposé des choses
si les tripes dépassent
c’est qu’il reste sans doute
un peu de vie
©Perle Vallens

Brûlée. Marquée au plus vif de la chair.
Précisément là où l’on ne sait plus à quoi tenir. Mais tenir bon. Mais persister. Mais dénombrer une a une les heures. Démembrer le temps, ses tenailles, ses tiraillements.
Savoir tracer ses propres lignes, savoir traverser les voies sans vérifier leur horizontalité, sans hésiter et se laisser glisser sur le chemin.
Savoir se perdre en route sans prendre la mesure précise de l’écart qui nous éloigne.
Savoir percer à jour les écrans de pleine nuit, savoir les ouvrir en deux dans le sens du coeur ou celui du vent, c’est du pareil au même.
Savoir se laisser porter loin, au delà des limites, au delà des fortunes et des infortunes, au delà des frontières imposées.
Savoir avouer à tel, savoir ouvrir la bouche et lui dire ce qui n’a pas été dit, savoir faire fi des pudeurs qui emprisonnent.
Savoir vouloir peut-être encore. Tout et son contraire. L’impossible et l’irréel. Le plein et le vide.
Savoir attendre l’inattendu, savoir le reconnaître à son visage incertain, à son regard éperdu.
Savoir plier sans rompre tout à fait, savoir se coucher dans ses propres béances, savoir choisir ses ailleurs.
Savoir délier ses propres vérités.
Savoir bercer les émotions comme on les enfante.
Savoir pleurer, hurler, jusqu’à ce que. Si loin. Sans se retourner. Avant, bien avant. Et surtout sans regret.
©Perle Vallens