photo couleur·poésie

Par la bouche

On se fait des histoires 
On prend des mesures qui apaisent
On partirait pour revenir 
Il y a des nœuds persistant dans tes cheveux 
Il y a des liens fortement tissés jadis 
ancrés dans l’esprit du cœur 
Le désir est matière à boucherie à sang chaud 
L’amour est de mèche te hachera la viande
bonne chasse et bon jus où tu baignes
L’amour est substance sèche
qui te sort par la bouche
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

L’eau des mots

Je ne compte plus les mots dans mes poches 
sous les yeux 
Je les maquille d’un peu de lumière 
d’eau de chaleur manquante 
le mascara serait silence pour souligner
ourlés déroulés je triche c’est un fait 
travestis salivés je corrige leur mâche 
Je change leur taux d’humidité pour plus fluides
plus fondants j’agis sur leur tendreté 
Personne ne dit combien compte 
l’hygrométrie des mots sur la qualité
de leur chair 
©Perle Vallens

Actualité·collectif·Editions Jacques Flament·prose·recueil

Journal de femmes

A l’initiative de Jacques Flament Editions, et dans la perspective d’un projet éditorial, j’ai participé à la co-rédaction de cet opus, Exclusivement féminin, journal d’une journée, rédigé par 58 femmes, dont les droits d’auteur seront reversés à l’association LA MAISON DES FEMMES de SAINT-DENIS, lieu de prise en charge de femmes en difficulté ou victimes de violences.
Pour des raisons diverses je n’ai pas souhaité donner suite au projet titanesque qui suit cette entrée en matière, et dont les droits iront à la même association.
Voici un extrait de journal, tiré de Exclusivement féminin.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

là où je vais

là où je vais tu peux venir aussi
là où je vais on peut tous aller
aller à l’ouverture à la porosité
à se remplir dans les creux
à se déverser en vagues successives vers
à se répandre en ondes concentriques
en ondes radio et lumière
en voix diverses parfois subversives
et ce n’est pas grave
et toi aussi tu peux te disperser
dans tous les axes sans gps
tous les azimuts tous les désordres
du monde tous les horizons
se diffuser sans se répertorier
loin des censures et des souffles inversés
des courants contraires
la force qu’il faut tu peux la puiser
en toi-même ou dans les autres
cela te tire vers l’avant pour mieux traverser
sans regarder mais voir ce qui s’écoute
toucher ce qui s’entend
c’est l’invisible qui te tire le mieux
qui te vit cette source vibrante
en toi ce feu ces flots ondulatoires
toi aussi tu te laisseras dévorer et recracher
par les visages par les énigmes
qui nous devancent sans frapper à la porte
n’avertissent pas mais surgissent à l’improviste
et c’est là dans ce cœur battant des effets de surprise
que tu trouveras de quoi chérir de quoi chanter
toi aussi
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Lapin blanc

c’est là qu’il me pose un lapin
bien au fond de la gorge
patte qui gratte ce qui me ronge
du coup je ne dis rien
j’ai trop peur que la fourrure
me quitte pour un sanglot
pour l’instant elle me tient chaud
même si elle m’étouffe
c’est lui le premier qui pourrait
lever un lièvre mais je l’oblige à se taire
il se venge en me coupant la parole
je me demande si c’est le lapin blanc d’Alice
qui s’est engouffré parce que j’ai
l’impression de glisser à l’intérieur
de moi-même
©Perle Vallens

Actualité·clin d'oeil·photo n&b·poésie

Zoomée par Christophe Condello

Christophe Condello est un poète québécois, auteur de plusieurs recueils et qui tient blog. Il y poste sa poésie et met en lumière de nombreux auteurs, surtout de poésie.
Très heureuse de lire qu’il apprécie ce que j’écris, j’ai partagé avec lui quelques poèmes inédits tirés du volet « sang noir » du recueil Carcasse (toujours en cours d’écriture) ainsi qu’une photographie non encore publiée autour de l’homme minéral, qu’il a donc publiés sur son blog.
Merci beaucoup, Christophe !