
certaine ramure de certains bras
certains ramages comme bruissement d’ailes
comme rumeur portée par le vent
certain socle comme déraciné
cette souche aux rejets encore vivace
cet homme dont je tombe
comme d’un arbre
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

certaine ramure de certains bras
certains ramages comme bruissement d’ailes
comme rumeur portée par le vent
certain socle comme déraciné
cette souche aux rejets encore vivace
cet homme dont je tombe
comme d’un arbre
©Perle Vallens


De cette passerelle brumeuse qui surplombe
une rivière inconnue (qui n’est pas la Seine)
un cours d’eau sombre d’hiver
me revient celle éclatante
de bouquets de jeunes gens
de bribes étudiantes
de pleine joie jusqu’au bord
de cet air d’été
léger sans conséquence
ni certitude que souffle coupé
ce n’est pas le soleil acéré
mais la lame de tes pas
quelle autre évidence
que sang qui déborde
ce n’est pas le fleuve
si ce n’est dans mes veines
si c’est pour défaillir
serait-ce dans tes bras
qu’enfin la bouche cueille
la première salive la saveur
de tes lèvres
que j’avais déjà bues
(mais seulement en rêve)
aveuglée je devine
ton désir à la voix
©Perle Vallens

sauter les jours impairs
les rations de nourriture
la dispersion des draps
leur bifurcation sous l’aisselle
leur disparition progressive
au ras des lèvres
les draps sont lever de rideau
tu relèves un peu de mousse
dans le paysage
tu ouvres les yeux sur
la plaine lisse du corps
la mort est humide
surtout en hiver
©Perle Vallens
Chaque 8 du mois paraît la revue en ligne Miroir suite aux ateliers d’écriture proposés en ligne par Laura Vazquez. J’en ai déjà parlé ici et tous les textes écrits dans ce cadre sont tagués « atelier Laura Vazquez », vous pouvez donc les retrouver aisément.
Ce mois-ci, ce sont Racine, Cœur de ville et Mots dire que Benjamin Milazzo, responsable de la revue avec Laura, a sélectionné pour le Miroir du jour. Vous pouvez lire ici tous mes textes parus sur la revue.





Les mots planent au dessus de la tête
entre deux lacunes qui semblent des silences
en profitent pour voler des impressions erronées
impriment des souvenirs qui s’affichent sur le côté pile
se déroulent en couleur leur défilé à fendre le cerveau
Au début agréables à regarder
puis deviennent une imposture insupportable
un genre de plagiat ce déjà vu qui gêne
qui dérange le présupposé du passé
ce qu’on pensait bien rangé
A un moment ils deviennent une menace
une suffocation brusque
une façon de prononcer ouija
sans fantôme pour remonter jusqu’à la bouche
©Perle Vallens


rassir sa peau de bête
rompre le jeûne à mordiller
cet épiderme amorphe
qui refuse de se réveiller
se réfugie dans l’imperceptible
dans l’imperméable terminaison
avant la perte définitive des muscles
se définit comme déficiente
la traversée des nerfs se fait
sans contrepartie
sans contrefaçon émotionnelle
se fait inertie des viandes
à bras (recourbés) le corps
la contention triste des chairs
il faut secouer les marées
tressaillir la vague son retour
à vif pluie fine sur les hanches
tu touches au but et c’est brutal
on en met partout
on disperse tous nos vœux
on espace nos (bonnes) volontés
les escarbilles glissent
tout droit dans ton œil
du feu à saisir en guise
de rêve éveillé
©Perle Vallens

La main arbustive feuillette le vert
la verticalité tendue vers le ciel
tâte la nudité l’entre-deux du tronc
applique le symbole à la stabilité du torse
en tension le long du pseudo-thorax
exosquelette d’insecte branlant sur ses deux jambes
risque de casse toujours possible
d’une ossature trop frêle
pour être humaine
toujours crisse entre deux pas
toujours écarquillée l’estampe entre les cuisses
et le sourire de l’iliaque se brise
la fossette du coccyx à moins d’un baiser
sincère dans le bas des fesses
Arbre n’est pas pénis si stature phallique
j’attaque sa cime pour faire comme si
entrefeuille ses espaces vierges
sa verdeur déjà d’hier
suce l’écorce à défaut du fruit
pense l’à venir le sortir droit des branches
sa sève en dépose du suint
en caresse des aisselles
son tressaillement de feuilles
panse sa blessure son ouverture
ses fluides pleine gorge à boire
son jus de plein été
©Perle Vallens