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A la voix

l’instant convulsionne
à revers du corps
sans pudeur
s’écroule sur ses fondations
enterrées
réitère sa voie fixe
rampante intime
sur fond blanc d’écran
là où le clip démarre
en version originale
sans sous-titrage
de surface l’image saute
et la langue
comme passage de haie
dépasse la tessiture
de toute sa hauteur
le rythme se saccade
dans le tremblement du timbre
rien ne dit le désir en dehors
de la voix off
©Perle Vallens

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Pleine lumière

tête posée en pleine lumière
nourrie du cœur son néant
ou sa chaleur
néon cherche son parasite
pour nouvelle perspective
sa voie d’éclairage comme
battement ou fantasme
d’un rayon de soleil
fige son visage aux ailes arrachées
engendre un changement d’instinct
et de nos jugements tremblés dans l’ombre
l’onde ne menace pas c’est le mouvement
c’est la proportion décomptée
la portion congrue de ciel
que l’on s’offre sans résignation
©Perle Vallens

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Sculpter les silences

sculpter les silences comme des muscles 
bandés à l’extrême
en tension dans l’attente
c’est l’espace qui se distend saturé 
self défense un peu plus dense moins poisseux qu’un mensonge 
on peut toujours passer un coup d’éponge sur les pots cassés
et ramasser les mots comme monnaie d’échange
amassées sonne et trébuche contre
s’agenouille et empoche ce qui reste
de chaleur entre les soupirs
©Perle Vallens

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Vérités digestives

ces mois en r propices au plaisir
à la chair délestée de ses humeurs nocives
à la mâche riche en oxygène
persistance aromatique intense
cette perception de l’amosphère à l’aveugle
te guide vers la bouche
bien imbibée la métaphore se goûte mieux
tu la glisses sous la langue et elle se met à se dire
elle s’éclaire à vue d’oeil sur les papilles
elle clignote avec un maximum de sincérité
la métaphore dirait tout ce qu’on attend d’elle
on la mangerait de bon appétit
on distillerait son jus d’image et sa clarté
jusque dans les gorges
elle scintillerait dans l’oesophage
elle faciliterait la digestion des moments difficiles
on ajouterait des descriptions pour lui tenir compagnie
on tirerait les ficelles des mensonges
on se raconterait des histoires basées sur des faits véridiques
qu’on réinventerait dans les ventres
cela nous ferait des creux et des bosses abdomidales
comme montagnes russes que l’on masserait
puis que l’on boxerait à mains nues pour que
finissent par se dire vraiment
nos vérités
©Perle Vallens

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Dans l’oeuf

on enfonce du pied la peur dans le sable
on enfouit l’effroi qui vient de l’oeuf
celui qui nous pousse que l’on couve
de l’oeil pour l’empêcher de naître
on avorterait bien de cet enfant
qui ne nous veut pas que du bien
nos frayeurs varient avec l’âge
prennent de l’embonpoint
dans nos ventres
c’est un régime d’excès
c’est le poids de l’hypocondrie
et la peur de la mort
c’est vieux comme le monde
on se défait de ces phobies
qui nous servent de peau
nus de nos paniques pelés à vif
on ne s’enfuira pas
on trouvera assez d’influx
électriques
assez de jus pour déjouer
le manque de courage
©Perle Vallens