montage photo·photo n&b·poésie

Faim

nous revenons aux draps aux corps
au sortir (nus) des nuits
rien n’éteint
les bruits dérivent le long des
dents le silence mordu de la faim
la soif court quelle marée on ingère
quelle meilleure fureur nous tient
à distance
aucune chambre ne hante
nos forêts poussent un arbre sa courbure
brute entre tes jambes
je crains le crissement de la caresse
une douceur excessive me perce des tympans
jusqu’au cœur
©Perle Vallens

écoute audio·Mange tes mots·poésie·podcast

Mes pas dans les tiens, dans Mange tes mots

Second podcast poétique du week-end avec Mange tes mots, sur un extrait de Joséphine Bacon, vous pourrez écouter Mes pas dans les tiens.

Voici la programmation :

Sandy Bory –
Juliette Rose –
Clémence Demay – J’ai plongé mes mains dans la glaise
Laura Lutard – Mon père m’a dit
luvan – Je n’entends plus la rivière
Galatée – Anagama
Margaux Lallemant – Corps collectif
Nagual – La liberté s’écrit avec un O
Perle Vallens – Mes pas dans les tiens
Ginkgo –
Hortense Raynal – J’fais du bruit
Yaz – Ta liberté
Clémentine Duxin – Mes ex m’aiment encore
Jeanne Didier – En profondes heures (Sample : We Watched the End de Mondkopf)
Jas Maeline – Dialogue ou duel
Nour Cadour –
Daréka – Les mains froides

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Bye bye

Bye bye baby
Bye bye ton air buté, ta brutalité
ta façon de braire sur moi
de me traiter de branleuse
de bouche à pipe 
Bye bye les bleus les ecchymoses
tes cours d’estampes sur peau
tes pluies de juron
tes déjections verbales
tes vertes et tes pas mûres 
Bye bye tes bruits dégueu
tes dégueulis quand t’as trop bu
tes prises de bec avec le monde
jamais refait jamais repeint
toujours haï (moi la première)
Bye bye ta guerre de tranchée
(dans le vif)
tes coups hauts de boxeur
tes coups bas de sournois
ta castagne tes pains quotidiens
tes arrachages de dent
Bye bye tes mensonges éhontés
tes faux semblants tes faux sourires
tes faux armistices et faux espoirs
tes fausses promesses de faux amis
tes amours fausses
pas de faux départ je te dis
bye bye
bye bye you’re not my baby
anymore
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Tchin à ma jeunesse

Tu te souviens de ces soirs d’été
de ces nuits d’insouciance 
d’ivresse facile sans alcool 
et sans cuite
coulant simple de joie pure 
qu’alors nous étions
joyaux bruts non taillés
non rognés par la vie 

Tu te souviens cette descente au goulot 
de mauvais Champagne 
sur le parvis de l’opéra Garnier 
dans cette union improbable 
ce reflet indéfectible dans les bulles 
Nous étions six ou sept effervescents 
tous mineurs passablement éméchés
entre les bustes de Rossini et Auber
on osait fredonner Mozart sous la lumière
astrale des lampadaires

Rien ne pouvait nier nos quinze ans 
nous étions invincibles alors
nous vidions nos peurs adolescentes
dans la mousse noyées au cul
de la bouteille
nous buvions d’une même bouche
d’une même ardeur le bonheur d’être
jeunes

Nous ne savions pas alors que
la vie s’agence autour d’absences
qu’elle s’affaire autour de nos dénis
de nos déficiences et de nos défaites
Nos réussites se fêtent encore
au Champagne (et au meilleur)
il a beau pétiller il ne goûte
plus tout à fait l’enfance
©Perle Vallens