
Toute seule chez les diables une grande partie de la journée. Ce n’est pas la première fois mais cela vous a une impression étrange de finitude.
Il est vrai que la résidence touche à sa fin, que mon co-résident (Laurent Whale avec lequel j’ai eu plaisir à partager ce moment-là) est parti en début d’après-midi, avec Philippe Béranger (qui a filmé une interview à midi). J’attends demain qu’arrive le suivant qui lui aussi sera très très au calme pour écrire (Christophe Siébert vient comme Laurent en tant qu’auteur « maison » des éditions au diable vauvert).
Le soleil que le vent avait adouci s’obstine dès que tout le monde est parti. Il le fait exprès. La lumière me traverse lors de ma dernière sortie dans le jardin, juste avant le calfeutrage d’après-midi. Je ferme les écoutilles, en mode sous-marin. Je ne mettrai le nez dehors que lorsque les températures auront un peu chuté, quand l’infime premier soupçon d’air augurera un début de fraîcheur salutaire.
Cet air de fin du monde au milieu de la lande camarguaise se renforce à la tombée du jour. Ce grand calme de grand milieu de nulle part.
Les ombres me taisent leurs noms. Je leur confie mon corps une dernière fois. Je confie mes mots au silence. Il les gardera secrets.
J’émiette ce qui me reste de temps à passer ici. Je parsème sur ma peau encore un peu de l’or du soir. C’est la même lumière ici que chez moi, elle m’est familière mais elle éclaire autrement mes pensées dans ce paysage.
Sa coulée lente m’éclabousse une dernière fois.









