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Résidence d’écriture : huitième jour

Studieuses heures denses et moites avant un minuit qui ne faiblit pas dans son amplitude, sa chaleur exponentielle depuis le matin, ce dégagement calorifère du corps (un seul mais donne l’impression d’être deux). L’air donne l’impression d’une touffeur sèche, sans souffle, un halo continu qui nous emprisonne dans sa toile, qui nous fige sur nos sièges, qui nous cloue à notre ordinateur, dégouttant coulure le long du dos.

Dehors est pire, dehors se replie bord à bord sur le ciel bleu à blanc selon l’heure. Dehors se répand dans sa langueur d’un jour qui n’en finit pas.
Le gecko ne s’y trompe pas qui a réussi à pénétrer à l’intérieur en dépit des moustiquaires. Il s’est carapaté au plafond où il est resté impassible toute la journée, aucunement derangé dans son repos diurne par le tapoti-tapota du clavier. Le statu quo aura duré jusqu’au soir. Ce n’est qu’à la nuit tombée qu’il a déménagé. Tout ce que j’espère c’est qu’il ne me grimpera pas dessus durant la nuit. Je n’ai aucune appétence pour les lézards…

Nous tenons en équilibre sur ce cercle relié à l’écriture, à équidistance entre les mots soufflés à la bouche dans le silence fumant. Nous y entrons par sa périphérie, nous allons dans les profondeurs de la langue avec l’espoir de récolter quelque fraîcheur verbeuse, quelques flocons de neige, quelques grains de givre pour nous permettre de continuer. Des mots de soif pour nous abreuver.

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