
Je traverse les doutes en solitaire, pleins vents arrières qu’on nomme travail (ou courage c’est selon). Le spi levé haut vole bordé de mots. Je ne vire pas de bord, j’avance droit devant, je fonce sans forcer, sans fatiguer la phrase. C’est affaire d’endurance. Je poursuis mon tracé. J’évite la route du rhum (après l’arrangé).
Je donne du mou entre deux vagues (je me relis). Chaque matin je repars au grand large, chargée de mon histoire, rebrodant les détails, je navigue à l’instinct, celui des personnages.
On applaudit la brise légère comme joie passagère comme frais éphémère. L’ombre portée n’est jamais qu’un leurre unfausse ombre dans laquelle se cache le soleil. Un trompe l’œil à hauteur de hanche ou d’épaule qu’on croirait caresse mais qui nous dépasse. De toute sa hauteur de fausse ombre jette un froid, fake lui aussi. Faux froid comme on dit faux frère. Quand la brise légère s’engouffre, la fausseté prend des voix de vérités.
Au cours de la navigation, J’atteins ma vitesse de croisière et je pose l’ancre pour lire. L’avantage de barrer en eaux diaboliques, les fonds marins regorgent de livres.
Pour autant, je ne me disperse pas (pas trop), je reste concentrée.
Il ne s’agirait pas de terminer sur un radeau et d’errer sur mer d’huile où se faire frire les yeux, sans fin.
Perle Vallens