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Résidence d’écriture : quinzième jour

La nature m’appelle. Elle m’appelle à la glane. Mon côté « sorcière ». Ici, j’ai glané la salicorne qui pousse en buissons, à sec, puis du pourpier et du fenouil sauvage, de la nepeta. Et les mûres bien sûr.
Avant qu’elle ne brûle ou qu’elle ne soit inondée, la terre d’ici ensevelit ses secrets. Elle les révèle dans sa géographie, ses arbres fruitiers, oliviers, vignes, et de quoi nourrir les bêtes.

Le sol ne suffit pas à définir la Camargue, terre de bout du monde et d’extrémité, de pourtours, se dessine en parcelles, en îlots encerclés de marais et d’étang, de canaux (fluviaux ou d’irrigation). La Camargue, terre d’eau, même asséchée, même réduite, redessinée. L’eau est partout.

L’eau prend parfois ici une couleur rose. L’eau des salins. Ceux d’Aigues-Mortes, du Grau du Roi, comme de l’autre côté de la Camargue, les Salins de Giraud.
Une couleur de chair soutenue, incarnat, pleine et voluptueuse. Ses cristaux de sel en formation.
J’y repense devant ces roses de carte postale, cette juxtaposition de couleurs vives, cette débauche visuelle.
Le paysage se teinte d’un souvenir de lèvres, la salinité d’une bouche.

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