Au Diable Vauvert·interview·les Avocats du Diable·Prix de la Nouvelle Erotique (PNE)·résidence d'écriture

Interview par les Avocats du diable

Suite à ma résidence d’écriture à La laune, chez les Avocats du Diable / Editions au diable vauvert au titre de lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (dont j’ai écrit chaque jour mes ressentis sous forme de journal), une interview a été réalisée par Philippe Beranger, sur mon expérience d’écriture et d’autres sujets artistiques qui me tiennent à coeur.
Elle est diffusée en 5 volets sur la page facebook des Avocats du Diable Résidence d’écriture.

photo couleur·poésie

Chamboule-moi

le temps passé 
seule
à renforcer le muscle du désir 
la fabrique des histoires qu’on s’invente 
à l’inspire on bloque la respiration 
on expulse un reste de libido qui
s’évapore dans l’air dans l’ordre des choses 
dans l’agencement de quelle hypothétique sagesse 
ce mur hissé trop haut pour le franchir
tant de briques qu’on rêve d’abattre 
à nos jeux de chamboule-moi
qui me tenait lieu de drogue
chavirée chancelante 
(ne lâche pas ma main) 
j’écris en écho au mythe 
du premier baiser 
Perle Vallens

écriture·Mater Atelier·photo couleur·poésie

Le calme revenu

J’ai vécu cette nuit là à trouer les morceaux de ciel de mes doigts
J’ai traversé en long en large les espaces confinés
le passage de mes rêves jusqu’au visage
désiré jusqu’à vouloir ses lèvres
Je suis allée aux mots
je suis allée au ventre
J’ai mis de l’eau dans le vin de mes rêves
Je les ai dissous à force de rêver
Il sont revenus pierres dans le ressac du jour
Ils reviennent toujours là où je suis
quelque part entre hier et aujourd’hui
Ils reviennent vainqueurs entre les grands fonds
et la grève où roulent les vagues qui m’éloignent
entre cette trêve du cœur et l’assaut du sexe
entre les aboiements des mains et le calme revenu
soudain dans les veines
le vacillement me surprend encore entre l’œil et l’oreille
me prend la chair au dépourvu m’empoigne toujours
davantage dès que je me laisse aller au carnage
je me laisser aller au désir
exilée volontaire entre lui et cet en-dehors
qui me déchire
©Perle Vallens

d’après consigne de Lorena Bur/Mater Atelier

journal·résidence d'écriture

Résidence d’écriture : dernier jour

Hier, c’était le dernier jour de résidence. Trois semaines, ce n’est pas rien. Ce n’est pas vraiment isolement mais c’est l’assurance d’écrire à son rythme. Parfois tôt le matin, sans risque de gêner le sommeil des autres. Parfois le soir à l’heure prétendument du dîner. Ne pas avoir à s’arrêter parce que c’est l’heure du repas, de pas avoir à tenir compte de l’emploi du temps.

C’est jour de bilan. Même si en réalité, on se le dit depuis plusieurs jours, même si Philippe Béranger des Avocats du Diable a réalisé une vidéo il y a quelque jours, qui fait le point après plus de deux semaines de résidence (on en reparlera).
L’endroit est reculé, à plusieurs kilomètres de Vauvert et du Gallician, dans le hameau de La Laune. Autour, quelques présences humaines et animales, et la quiétude propice à l’écriture. Une belle expérience donc, qui pourrait bien se renouveler…

Hier était encore un jour de résidence, même si en pointillés puisque jour de nettoyage, de rangement, de bagage. Journée de transition. Aujourd’hui est un retour à la vie normale, jour de réacclimatation. Changement de rythme, donc, et reprise d’anciennes habitudes, en essayant toutefois de (re)trouver une routine et peut-être un rituel d’écriture.