
L’oeil descelle les briques
une à une abat les fondations
d’une vie trop bankable
dont ne gardera que l’essentiel
strict sans compromis
aucune négociation d’agent de change
pour fluidifier nos acquis
pour réduire aux acquêts les émotions
dues à chacun
comme autant de cloques posées sur les peaux
là où se glisse des étiquettes où se calcule
le rendement de nos sentiments de nos attentions
(x% de caresses à valoir sur x% de gentillesses consenties)
l’œil signe son arrêt sur image la première qui mérite
un quelconque souvenir
un de ceux dont on tisse le quotidien avant qu’il ne s’écroule
avant que la source de malentendus n’implose
dans l’horizon inutilisable
l’œil continue de compter chaque raison potentielle
de continuer à vivre dans ce système obtus de redistribution
des biens et services rendus à la communauté
L’œil persiste et se signale en clignant de façon répétée
(ce qu’aucuns nomment un tic)
singeant l’art de la complicité et simulant
l’instinct de pseudo fusion
mais il laisse trop de blancs entre les bonnes intentions
qui ressemblent à des blessures
l’œil a beau souffler sur ce qui lui rappelle d’anciennes braises
tout se brouille dans le regard
l’œil existe mais ne sait plus voir
Perle Vallens