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Parution de Atlas roman puissance 100

Atlas roman puissance 100 est un livre édité par François Bon du Tiers Livre, cent courtes fictions écrites en suivant une consigne d’écriture proposée par l’éditeur et animateur d’ateliers, en hommage collectif à l’Atlas des Régions Naturelles d’Eric Tabuchi et Nelly Monnier.

Au total, 236 pages, avec postface Olivier Hodasava. J’y signe 4 courts textes de fiction : La lettre (extrait ci-dessous), Luna Park, A perte de vue et Les rois du monde. Le livre est en pré-commande, puis en vente sur la librairie en ligne du Tiers Livre.

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Ciné-poème 6 : séquelles du jour

C’est avec David Lynch que nous poursuivons la série vidéo inspirée du cinéma, avec le début du film Blue Velvet et un ciné-poème n°6 intitulé séquelles du jour. Si la musique de ce film compte, le prochain épisode sera lui aussi marqué par une musique qui signe le film. Et retour au noir et blanc… En attendant, je vous souhaite bonne exploration des séquelles lynchiennes :

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Pierre

Pierres roulent tombent s’arrachent s’effritent. Pierres affleurant à la surface. Pierres empilées, enfoncées sous mon pied qui s’attarde. Pierres terrassées par les érosions. Monceau de pierres, cimetière minéral, pierres cachées dans les profondeurs, sous la glaise humide, grouillant sous les lombrics. Remue-ménage de pierres, comme vives, s’agitant au-dessous. Pierres ensevelies, sédimentées, couche successive d’âges. Pierres recouvertes par les mers, pierres surgies du passé. Pierres fossiles d’autres temps. Pierres encore là après des milliers d’années. Volcaniques, granitiques recrachées dans les laves, de basalte, pierres nées de magma, pierres métamorphes. Silex, éclats de météorite, pierres tombées d’on ne sait où, pierres venues des étoiles. Pierres survivantes, pierres nomades en longue caravane a dévalé ses pentes. Celles qui voguent, suivent le cours des fleuves, pierres voyageuses. Qui pour deviner leur route, quel trajet elles ont emprunté, qui pour voir dans leurs empreintes le sillage, qui pour y retracer un visage. La pierre, je la suce et par la salive, elle me dit ce que je ne sais pas encore d’elle. Pierre acide, crayeuse, ferrugineuse, pierre à digestion rapide de son histoire. Pierre diseuse de ses aventures. Sous la langue me parle de ses ères, de la terre. Pierre de calcaire, d’argile, de grès, silice et marne. Eboulis et poussières, pierres réduites en miettes. Pierre née des carrières, pierre creusée dans la roche, la mère, l’originelle. Pierre blanche, rose, marbrée de vert ou de bleu, pierre scintillante, brûlée au soleil, perlée d’eau de rivière, pierre plate à ricochets. Pierre enfouie dans le sable à l’heure des marée. Pierre roulée et polie, pierre à arête tranchante, pierre à angle droit, pierre à feux, à frottements, pierre douce à caresser. Pierre qui chante ses secrets.
Perle Vallens

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Lecture de ceux qui m’aiment à la librairie Orange Bleue

Vendredi prochain aura lieu une rencontre-lecture de poésie à la Librairie Orange Bleue (Orange, Vaucluse) autour des éditions Tarmac avec deux des dernières parutions de l’éditeur. Je lirai, aux côtés du poète Olivier Bastide, des extraits de ceux qui m’aiment, recueil paru en novembre dernier, ainsi que d’autres textes publiés ici, ou encore des inédits tirés d’une nouvelle série intitulée Solo.
Rendez-vous le 3 février à 19h00 donc, si vous êtes dans le coin, je serais ravie de vous y rencontrer.

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Trois sons du corps

Premier son peut-être indécelable pour l’une des deux oreilles peut-être la traversée de l’os comme un gémissement sourd une griffure dans la jointure

Deuxième son amplifié dans la pliure du genou un craquement la course des nerfs leur galop en surface quelque chose flotte à l’intérieur qui prend feu

Troisième son la plainte gravit la pente jusqu’au crâne le choc s’entend loin au cœur centaines de bêtes à l’œuvre la plaie vive brûlante tout le corps irradié
Perle Vallens

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La nuit d’avant

C’est le souffle le premier qui se modifie et la sensation en creux d’un trac, d’une excitation. Je sais que certains sont malades avant un voyage, c’est une sorte d’angoisse. Ce n’est pas mon cas mais quelque chose remue au ventre, qui s’emballera quelques minutes avant l’heure prévue du départ. C’est infime d’abord, ourdit son galop à venir, se laisse le temps, mince dans la carapace de l’attente. Puis, ça se déploie, dans la largeur, dans la hauteur du buste. Une manière de longitude et de latitude de l’idée de voyage qui grandit le long du sternum, vient se loger dans la poitrine, cogner au coeur. Ca caresse la part d’insomnie, avant de prendre pied dans le sommeil, par à coups. Les cernes, c’est pour demain, et l’estomac qu’il faudra dénouer.
Perle Vallens