photo n&b·poésie

Petits matins

malaise vagal
animal sous-cutané
glapissant en silence
me racle la conscience jusqu’à ce qu’il ne reste
qu’un amas de déchets organiques
appelle ça néant si tu veux
réduit à rien
réduit à la plus simple expression du vide
que tu vas chercher dans le sac poubelle
même ça a disparu
tu ne sais qui a jeté ton assurance
ta superbe a disparu avec l’os superflu
de ton égo
ce qui s’étalait dans les grandes largeurs
dans le vif du sujet
tu ne sais plus calculer longitude et latitude
étalées sur la carte elles simulent
elles symbolisent l’absence qui nous écrase
sous les roues subsiste une trace
de ce qui nous roule dessus
jour après jour
l’histoire brève mais persistante
ce lourd qui nous traverse
ce rouleau compresseur
on ignore le visage qui prie
le corps qui se replie est sans doute le nôtre
on le sait à notre manière de nous relever
sur la bande d’arrêt où l’urgence ne fait que commencer
on sait à notre façon de marcher qu’on ne fera pas
dans la longueur ni dans la durée
on sait que ce qui obstrue le champ de vision
danse avec nous sans demander notre avis
et nous caresse sans consentement
l’injure se tait au moment où nous en avons le plus besoin
juste avant l’évanouissement
avant la venue tardive de nos vœux incompris
de nos saluts d’avant l’aube
l’ébullition laisse assez d’effervescence pour faire tremper
nos carcasses sales
c’est toute la force de suggestion des petits matins
que nous accueillons
avec un visage d’enfant
Perle Vallens

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