Les nuits de la lecture ont lieu cette année du 19 au 21 janvier 2023, sur le thème de la peur. A cette occasion, j’ai créé un nouveau vidéo-poème, également disponible en écoute seule sur soundcloud. Il s’intitule « j’ai peur ». Et vous, de quoi avez-vous peur ?
De nombreux événements se déroulent autour de chez vous, tous recensés sur le site dédié. Une occasion de découvrir ou redécouvrir des auteurs célèbres ou d’autres, moins connus.
Pour ce nouveau ciné-poème, j’ai choisi un extrait léger, tiré de Charade de Stanley Donen, celui où le personnage d’Audrey Hepburn joue les espionnes, d’où le titre. A bientôt pour le ciné-poème n°4 qui sera plus « psychédélique » et bon visionnage de celui-ci…
derrière toute forme de suspicion existe une forme contraire d’intérêt de confiance on gratte la couche superficielle pour accéder à ce qui se loge entre la surface et le squelette ce qui fluctue et résiste parfois à une fouille au corps Perle Vallens
J’ai pris l’avion pour Angkor, la cité aux centaines de temples. Sur 200 kilomètres carrés percés d’ombre et de lumières, je me demande combien on en dénombre, et combien d’anges. Ta Prohm, Ek Phnom, Wat Ek Phnom, Ta Som, Angkor Vat, Kbal Spean, Bayon et ses 216 têtes de Boudha. Déjà par le hublot je les imagine tours hérissées de feuillages ou palais flottants. Et c’est déjà un paradis semé, écoumène sous la jungle, mordus et rongés de lianes. Le faste entortillé de plantes grimpantes. J’ai sillonné 58 kilomètres de canaux et de digues, croisé des dizaines de douves et de réservoirs. J’ai longé la rivière aux mille lingas. J’ai marché sur les dalles-miroirs serties d’anciens dieux qui se reflétaient dans les flaques. J’ai vu des larmes de lotus, de romduol et de nénuphars dans la rivière Sangkae. J’ai vu la plaine inondée et des murailles s’élever dans des lacs. Sur les traces de Pierre Loti, j’ai rêvé de démons et de mythes, de rois disparus. Avec lui, j’ai vu au fond des forêts du Siam, (…) l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor. J’ai vu des figuiers étrangler des statues, des portes prisonnières de racines. J’ai vu des éléphants de pierre terrassés par des arbres. J’ai vu carnivores et phalliques, des fleurs arrachées aux talus, des rochers dévorés de légendes dans les odeurs d’humus. J’ai vu le grès et la brique picorés de mousse. J’ai vu pâlis par le temps des murs de latérite caressés par Shiva, ces ravissements d’apsaras. Perle Vallens
Ce deuxième ciné-poème intitulé saveur de combustible est basé sur deux extraits de Ex machina d’Alex Garland. Bon visionnage et n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne youtube ! Rendez-vous la semaine prochaine, le troisième ciné-poème sera un clin d’oeil à Audrey Hepburn. Nous naviguerons ainsi dans tous les genres et toutes les périodes cinématographiques.
J’ouvre un nouveau cycle de vidéo-poèmes, les ciné-poèmes, nés de mon amour pour le cinéma et la poésie. Ils combinent un extrait de film et un poème qu’il a inspiré, plus ou moins imagé ou abstrait, plus ou moins éloigné de l’extrait proposé. Pour ce premier épisode, j’ai choisi le début du film Persona d’Ingmar Bergman. Le ciné-poème d’intitule l’oeil bande.
lueurs saillantes de la lumière séquencées selon le point du jour ne faiblissent pas se renforcent dans chaque puits où le souffle est surenchère se sont caillassées jadis de rivières rougies – marées de coquelicots (à quatre pattes pour les cueillir) lueurs animales sans défense se fortifient d’air tendre à l’heure du blé crépiteront bientôt de paillettes de givre rase dérivée vers un autre axe embrasseront une terre dure et pierreuse hier la lumière lévitait aujourd’hui trône bien assise son bras levé vers demain silencieuse elle impose ses éclipses – sa respiration terrifie quand elle brille par son absence aux arbres ramassera leurs ombres tombées en tension de feu ses fumigènes la lumière se décalque s’écoule goutte à goutte son filtre de forêt piqué d’aube elle signe chaque clignement sur des troncs éclatés d’un tatouage à vif – sa vision des choses je la rêve d’un seul œil évadé de son enclos noir de nuit je la bois avant la brûlure de plein été l’autre reste muet et flou pour mieux accueillir la chaleur quelques degrés supplémentaires l’inclinaison dans l’angle droit de la paupière Perle Vallens