
à la rame
(comme on dit à la ramasse)
elle décompte les vagues
les vœux anciens elle les jette
à la baille
un calcul en vaut un autre
pour jeter certaines minutes
elle bleuit le chemin de sa paume
leste
où se perdent des doigts inutiles
à la perte elle court
sans souffle
elle ne tient pas
la distance
l’espacement décidément trop grand
pour ses bras
persiste dans sa quête elle
émet des prophéties des pré-supposés
décisifs mais décidément faux
elle se nourrit de mirages
qui lui semblent préférables à un réel
trop nauséeux
c’est planter le fake dans son jardin
inculte
ne pousse que la déception
sur sa friche fragile
semée de prétextes
hantée par le visage d’un autre
l’étrangeté d’un regard
qui ne voit plus
elle vit
à l’aveugle
Perle Vallens