photo retouchée·poésie·prose

Salivaire

Les salives débordent des bouches et avec elles les mots qu’on a empêché de sortir
cloués au mérite de la gorge s’imbibent d’un jus trop épais pour passer

C’est un crachat mélancolique un trop plein sans calcul sans considération qui qui n’a pu entendre prononcer qui n’a pu claquer en retour sa réponse à la non question

Les bouches sont des cloaques d’où s’extirpent avec peine les dernières volontés
de la journée
clapotis tendres en va et vient dont on ne sait s’ils ont encore un sens

Les vœux se chantent selon ciel clément selon clavier bien tempéré
on laisse traîner un peu de Bach au palais pour éviter le pourrissement
une mesure ou deux suffisent à apaiser la canine plantée dans les aigus
la molaire sur la langue râpeuse qui écorche le nom
suffisantes à diffuser songe lénifiant sa lotion de toujours

Combien de kilomètres avant les dernières notes
combien de temps avant le dernier tempo lent fondu dans les bouches

Perle Vallens

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