
On prie le dieu du vite fait bien fait
on nous sort les jeux et le pain à toutes les sauces
dans lesquelles on trempe notre belle assurance
la satisfaction d’une confiance en soi touillée
au jus doux des conditions générales de vente
(ni reprise ni remboursée)
notre ego réutilisable
chaque jour recomposé d’un matériau 100% recyclable
ce qu’on poubellise ce sont les vocations inexistantes le manque de désir
ces silex inutiles desquels aucun incendie ne jaillit
(les containers ne risquent pas de prendre feu)
Le cynisme est une route risquée
glissante
et nous avons beau mettre des crampons au semelles du réel
une chute n’est jamais exclue
pente jamais douce qui nous prend au dépourvu
de nous-mêmes en dépit de tous nos efforts
pour rester accrochés arc-boutés au dos
d’un mieux ancré que nous
tantôt parasité tantôt parasitant
On ne se dit jamais qu’on est l’enfer d’un autre
que la sécheresse naît dans nos mains
que ce moindre geste n’encourage pas
nous ne savons pas s’il se nomme apocalypse
ou apothéose
nous sommes ce toit percé du monde par ou coule le sang de notre prochain
termites ou frelons
Nos vies frelatées valent encore de quoi
valent encore la peine
nos vies passées par pertes et profits
totalisés dans les panneaux excel
s’indéfinissent dans l’extrême contemporain
caractérisé par indifférence caractéristique
aveuglé s’aveuglant avançant à tâtons
le regard trouve quelque chose
qu’il ne cherchait pas
Perle Vallens