
corps qu’on dirait sanglé exsangue
chair emboutie jusqu’à l’os embossée tremble
chair innervée de vie mais mal ravitaillée par corbeaux d’insomnie
mal nourrie chair dénutrie à teneur aigre de ferraille
chair dissoute dans l’acide d’un sang noir métallique
secrétant des billes comme des soleils surgis en pleine extinction
des brûlures dans les membres innervés de vers grouillants
membres comme amputés pourrissure de bois scié qu’on dirait chiures d’insecte
de quel cocon s’évertuent à venir me grignoter
chaque section alourdie chaque cellule dispersée
l’éclatement observé à la loupe distinguerait l’anomalie
l’œil scrute et scande
l’œil défigure lambeau par lambeau lave de bleu les apparences
l’œil inverse l’impression d’un vertige d’une gesticulation d’un visage double je
malmené de bris de verre de brindille sèche
je crisse et je tout entier crie pour expulser ses eaux usées par la bouche
décharge à ciel ouvert de pluies acides
on dirait la nuit partout tout vibre encore dans le noir
la peau pulse ne sais combien par minute peau de pierre ponce
blanchie par l’éclat led d’une ampoule trop vive lumière qui gâche le grain
l’épiderme se troue et boit tout ce qui pourrait déborder
la peau se brouille craquelée écorce rongée brunie
vieille peau flétrie se débrouille mal avec l’ombre qui rampe et recouvre
ses serpents grimpent gravitent tout autour dévorent
c’est un enfouissement une disparition dans les mains serrées des regrets
vivante mais
peut-être déjà morte
Perle Vallens
avec la mise en page, si jamais wordpress ne respecte pas, comme cela arrive parfois…

Les années mortes
suivent sans doute la cohorte
des empreintes du passé.
Ira t on remonter à la source
des eaux usées,
même de celles que l’on n’a pas connues,
car le temps poursuit sa course…
Donc tes membres ont connu une mue
si soudaine, que tu ne t’es pas reconnue
sous un autre aspect,
un autre vernis,
expulsant une partie de sa nuit
épiderme brouillé de regrets
où le regard s’égare
bien au-delà des reflets
que t’offre le miroir….
RC
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