
on empilerait nos bras
comme branchages pour l’hiver
on réactiverait la circulation dans le sens
inverse des tristesses
en reflux refoulées loin
on ferait revenir la joie
on l’épinglerait au corsage
piqué d’ongles tendres
là où percutent des brassées de printemps
on frapperait nos poitrines du sceau
de terre fraîche de coquelicots d’une braise
nouvelle comme une lune brève
dans un ciel déjà d’été
on éluderait les vides remblayés
comme on réduit l’espace
entre les criques de nos corps
on blanchirait toutes les opportunités
on se verrait fondre à l’œil nu
flaque de toutes nos neiges
on se verrait respirer sans abîmer
nos paysages
Perle Vallens