

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


Rendez-vous le jeudi 6 juin à 19h00 pour une scène ouverte à l’invitation du Stade poétique. Ce sera à la Librairie Les Sauvages, à Marseille. J’y lirai un texte léger, teinté d’humour.
Juste avant, il y a un atelier d’écriture à 17h00 avec Rim Battal. Si vous n’êtes pas loin, venez !



Edit : retour sur cette journée marseillaise… Une des vidéos que j’ai prises (diffusées en story sur les réseaux) de Rim Battal lisant extrait de son recueil x et excès (castor astral, à réserver aux oreilles aguerries) et photo de moi par Guillaume Richez, merci !


Même si c’est difficile d’être humain, essayons de ne pas devenir des monstres
Hong Sang-soo (film Turning Gate)
Nous avons eu nos instants de doute, nos traversées du désert, notre quant-à soi où nous sommes demeurés longtemps reclus. Tous nous avons connus la suspicion et la culpabilité que faisait naître cette suspicion. Nous avons connu cette façon de repousser un temps, de tenir éloignés les contours de ceux qui s’approchent trop près, ceux qui menacent de nous toucher. Nous avons tenu les silhouettes à distance, et c’était façon de se protéger. Nous ne savions pas réellement de quoi, d’une différence, d’un écart entre nous, quelque chose que nous ne maîtrisions pas ou que nous craignions de ne pas maîtriser. Nous avons connus ces inévitables reculs. Nous nous sommes dévisagés et dans notre façon de détourer nos sourires et nos grimaces, nous nous sommes reconnus comme semblables. Nous avons décelés dans l’autre la même animalité, la même monstrueuse incapacité, la même défiance. Nous avons eu pour nos frayeurs cette caresse innée, cette façon inédite de la reconnaître comme part de notre humanité, et pourtant nous aspirions à nous en défaire. Nous souhaitions nous nouer mais nos craintes nous en empêchaient, elles nous clouaient dans nos préjugés, nos refuges malsains, notre microcosme nourri de fausses impressions et de barrières hissées entre nous. Comment fallait-il s’y prendre pour les abattre ? Le souhaitions-nous vraiment ?
Notre instinct nous commandait à la fois de nous lier et de nous nier. Nous souhaitons tout autant entrer en contact, en connexion, et pourtant, toujours nous nous retenions de sauter dans ce vide. Il aura fallu que l’un d’entre nous démontre par l’exemple combien entrer en relation les uns avec les autres était bénéfique, combien cela nous était salutaire. Alors timidement, nous nous sommes rapprochés, nous avons interagi, nous nous sommes respectés, certains d’entre nous se sont aimés. Nous avons formé communauté ouverte et fluide. Nous nous sommes assemblés pour faire ensemble un nouveau monde, mobile, protéiforme, composé de nous tous.
Perle Vallens
atelier « nous » avec Jane Sautière
Voici le quinzième et dernier vidéo-poème de résidence d’écriture à la Laune avec les avocats du diable/au diable vauvert. J’espère y retourner l’an prochain, si tout va bien.