photo couleur·poésie

Chevelure blanchie

J’apprends à manier la langue
comme on brandit un tison
les idiomes des amants pour brûler
les bouches arrachées à leurs socles
d’impatience.

On danse et on fait danser les mots
on terrasse chaque absence dans les tiges renouvelées
d’incantations hybrides d’herbeuses confidences
croisement textualisés des désirs et d’émotives manifestations
humorales.

Dans l’insomniaque mâchoire se crispent les attentes
et crochetées dans les flancs les charnières des portes qui se referment
quelle perspective garder aux chevelures raréfiées ou blanchies
quelles cadences entre les pas mesurent l’espacement et les silences
dans l’avancée en âge l’impression d’un orage éteint
pourtant la main sur le cœur à ouvrir et largesses de ce qui reste à offrir
s’étagent depuis la poitrine jusqu’aux lèvres.

Perle Vallens, 19 août

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