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Eloigner les peurs

Marche minimale dans les généalogies et les sentiers ombragés, la forêt sèche et rocheuse, estompée de lumières d’enfance, coulisse son rideau de feuillages et c’est une parure odorante qui me couvre. Une caresse quand bien même le vieillissement de la peau, soleil oblique, intimidé par la pénombre moussue de chênes et de pins, humide présence vivante.

J’accède ainsi sans rien faire, sans rien exiger, à certains miracles qui ventilent les émotions. Je ne compartimente pas. Je laisse venir, je me submerge. Le paysage m’est éblouissement, m’est accalmie jusque dans le dos lourd, et le genou douloureux, jusque dans la cheville fragile, jusqu’au fond du ventre tendu d’absence. Et cela semble suffisant pour éloigner les peurs. 

Perle Vallens, 20 août

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