
Le jour où les oiseaux se sont tus, le jour où ce qui brille s’est éteint, où les effigies animales, tous les animaux, leurs membres arrachés, bandés, tombés, où les trafics de leurs peaux sacrifiées, vendues, où leurs visages disparus, sans yeux pour nous regarder, où retrouver le lien dans les griffures artificielles végétalisées, où retrouver les mots enfuis, les mots qui font sens dans les rudiments et les cris. Dis-moi ce jour où la lumière passera ailleurs quz dans le filament de tungstène de l’ampoule. La lumière encagée, dis-moi qu’elle sera enfin libérée.
Je cherche dans le frémissement des néons le flottement d’un feuillage, dans l’instant citadin, sur les trottoirs parisiens l’empreinte des forêts anciennes. Je cherche l’invisible dans vos façades et vos regards. Ce que je vois devient une multitude d’histoires éclatées, des pétales qu’on assemble. Se dessine une vie à part entière.
Tous, têtes hirsutes, saillies au bout du col, tiraillées, désaxées, regardant dans la mauvaise direction plutôt que celle de l enfance qui résiste et croise tous nos âges advenus, de vieillesse et d’incertitude.
Il nous faut retrouver la vibration des plantes jusque dans nos doigts, et dans l’esprit monté à graines refleurir, laisser grandir nos liens, nos proliférations carbonées en faire nouvelles pensées, idées hybrides, fertiliser nos existences.
S’aligner reflets verts ondulatoires comme chair réactivée, la chaleur d’un éveil.
Dans l’œil tressaillera alors une résurgence lumineuse.
Perle Vallens
Texte écrit en partie et à l’inspiration à la fondation Datris (espace Monte-cristo à Paris) en compagnie de Béatrice, qui anime des ateliers d’écriture à Joinville et Paris.















