écopoétique·prose

Retrouver la vibration des plantes

Jean-François Fourtou – la famille des hybridus – fondations Datris

Le jour où les oiseaux se sont tus, le jour où ce qui brille s’est éteint, où les effigies animales, tous les animaux, leurs membres arrachés, bandés, tombés, où les trafics de leurs peaux sacrifiées, vendues, où leurs visages disparus, sans yeux pour nous regarder, où retrouver le lien dans les griffures artificielles végétalisées, où retrouver les mots enfuis, les mots qui font sens dans les rudiments et les cris. Dis-moi ce jour où la lumière passera ailleurs quz dans le filament de tungstène de l’ampoule. La lumière encagée, dis-moi qu’elle sera enfin libérée. 

Je cherche dans le frémissement des néons le flottement d’un feuillage, dans l’instant citadin, sur les trottoirs parisiens l’empreinte des forêts anciennes. Je cherche l’invisible dans vos façades et vos regards. Ce que je vois devient une multitude d’histoires éclatées, des pétales qu’on assemble. Se dessine une vie à part entière. 

Tous, têtes hirsutes, saillies au bout du col, tiraillées, désaxées, regardant dans la mauvaise direction plutôt que celle de l enfance qui résiste et croise tous nos âges advenus, de vieillesse et d’incertitude. 

Il nous faut retrouver la vibration des plantes jusque dans nos doigts, et dans l’esprit monté à graines refleurir, laisser grandir nos liens, nos proliférations carbonées en faire nouvelles pensées, idées hybrides, fertiliser nos existences. 

S’aligner reflets verts ondulatoires comme chair réactivée, la chaleur d’un éveil. 
Dans l’œil tressaillera alors une résurgence lumineuse. 

Perle Vallens


Texte écrit en partie et à l’inspiration à la fondation Datris (espace Monte-cristo à Paris) en compagnie de Béatrice, qui anime des ateliers d’écriture à Joinville et Paris.

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Partie civile (Gisèle P.)

Partie civile prise à partie
quelle participation à votre propre viol
quelle dose de cynisme se glisse dans les veines
de Gisèle
au moins autant que l’empoisonnement chimique
dont elle fut aussi victime
et dans les nôtres que l’on sent gonfler
au cou la piqûre insane et systémique

partie tronquée de parti pris l’accusation
soulève une jupe quelle indécence
dans ses questions se retourne la faute
comme un gant
second viol après les premiers de l’esprit
après le corps et l’âme souillée de Gisèle
se rebelle et brûle un sentiment d’injustice
d’une torche de sororité nous armons
notre bras unique pour porter d’une voix
toutes celles qu’on a fait taire

quelle partie visible de l’iceberg et quelles volet caché
diktat du patriarcat tu ne seras pas comme ci ou comme ça
sous emprise encore s’échapper de leurs peaux
de leurs yeux visqueux en réchapper
à quand le tremblement des violeurs
leurs regards torves ouverts spectateurs
et tous les autres tapis dans l’ombre solidaire
poils hérissés offuscation muette ou inexistante
j’attends moi aussi que la honte change de camp

Perle Vallens

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Lecture de Radical(e) à l’EXC & version open art à disposition

C’était samedi dernier, lecture par des autrices de textes, poèmes parus dans la revue Radical(e) à la librairie EXC à Paris. J’ai lu 3 poèmes de Radicalesse, le nouveau numéro dont c’était le lancement le 21 septembre, le premier poème en vidéo ci-dessous.

Radical(e) est disponible chez EXC, à l’Ours et la vieille grille, Violette & co à Paris, ou chez Pupilles Vagabondes, comme indiqué ci-dessus en vis à vis de la photo.


Mais Radical(e) c’est aussi une version open art, revisitée, sur mesure, faite main sur la base de la version imprimée, dessinée-cousue-peinte-encrée-brûlée-poinçonnée… à la façon des livres pauvres.
Si vous êtes intéressé, elle pourra être remise en main propre dans la région ou à Paris, au salon de la revue par exemple.
La version open art est en vente à 10 euros, hors frais de port.

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Exposition Les Insignifiantes & lecture à la librairie Orange bleue

Les Insignifiantes est un essai poétique, textuel et photographique, qui trouve son origine dans une ancienne série photographique éponyme. C’est également l’objet du projet de master de création littéraire / écopoétique que je suis cette année à l’université d’Aix-Marseille et il fera également l’objet d’une résidence artistique, dont je reparlerai.

J’ai la joie d’exposer Les Insignifiantes du 30 septembre au 31 décembre à la librairie Orange bleue à Orange (Vaucluse), librairie amie chez qui j’ai eu l’occasion de donner lectures de ceux qui m’aiment (éditions Tarmac) et peggy m. (éditions la place).

A l’occasion de l’exposition, j’aurai également le plaisir de lire quelques extraits de l’essai en cours le 25 octobre 2024 à 19h00. Si vous êtes dans le coin, je serai ravie de vous y rencontrer et d’échanger autour de ce projet.


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Ecriture & vidéo, ateliers et projections à la bibliothèque François Villon

Rendez-vous le vendredi 27 septembre 2024 de 19h00 à 21h00 à la bibliothèque François Villon (81, boulevard de la Villette 75010 Paris) pour une projection de films littéraTube et rencontre avec l’auteur Patrick Muller, les autrices Milène Tournier et Marine Riguet, qui animeront par ailleurs des ateliers écriture & vidéo.

Depuis les premières rencontres nationales YouTube & littérature, initiées notamment par l’auteur François Bon et un collectif d’auteurs en 2022, un site réunissant leurs créations a été créé : https://www.litteratube.net.

Lors de cette soirée, vous pourrez voir une large sélection de vidéos littéraTube (journal vidéo, lecture, poème-vidéo). Je remercie Philippe Diaz (Pierre Ménard) de m’avoir incluse dans ces propositions vidéos.

EDIT une playlist sur la chaîne de la bibliothèque François Villon regroupe les vidéos diffusées ce soir-là et une autre diffuse les vidéos réalisées en atelier.

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Master de création littéraire / écopoétique d’Aix-Marseille

Parenthèse qui rejoint bien évidemment mon activité littéraire, j’intègre le Master de création littéraire / écopoétique de l’uiversité d’Aix-Marseille qui commence officiellement demain, avec un projet d’essai poétique qui mêle texte et photographies. Ce projet, j’y travaille depuis plus d’un an puisque j’ai manqué l’inscription l’an passé (tout s’effectue depuis janvier 2023 sur une plateforme de type parcoursup : Monmaster).
Il s’appuie sur une série photographique déjà ancienne intitulée Les Insignifiantes qui devrait donner lieu à expositions dans le Vaucluse (et peut-être ailleurs).
Il est possible que je poste moins et que je sois moins présente sur les réseaux, selon la charge de travail qu’induira cette reprise d’études.a

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Texte sur une photographie : Séville de Henri Cartier-Bresson

Henri Cartier-Bresson – Images à la Sauvette (Verve, 1952),
p. 27-28, Seville, Espagne, 1933

Tout se cherche dans le hors-champ. L’invisible se laisse au mieux deviner, soumis à imaginaire interprétation. Dans l’aplat de lumière trop blanche qui tapisse la chaussée, dans le découpage obtus des ombres, dans leurs arêtes trop nettes dans l’enfilade de murs effrités, de ruelles qu’il s effacent, dans l’immobilité se lit une chaleur écrasante de plein été.
L’œil elliptique compromet la vision élargie qui s’interrompt dans le visage flou de deux enfants. L’un en mouvement que l’autre regarde dans l’attente possible, sa bouche entrouverte sur possible interpellation, surprise suspendue sur le mot inconnu. Regard de répréhension, incitation, exhortation ou conseil avisé, de l’aîné sur le plus jeune, on hésite.
Le soleil éclate en liseré de chandail, qui contredit l’impression de chaleur intense, et sur le haut du crâne, nimbé, comme coiffé, non auréolé de faux ange, collé à la façade décrépite de cette image à la sauvette.

Perle Vallens

(texte écrit au musée Cartier-Bresson, devant cette photographie)