
Ils vomissent des mots crus et noirs venus avant l’aube
à défaut de leur creuser une tombe
Ils vomissent des images vertes de rage arrachées à leur ventre
à défaut de fouiller dans le sang de leurs veines
Ils vomissent des pensées sans nom des idées blêmes et molles
à défaut de les rougir de leur honte
Ils vomissent les fleurs sans fards de leurs peurs cueillies le matin même
à défaut d’herbes fraîches du courage
qui refusent de pousser sous leurs pas
Ils finiront bien par vomir le cœur nécessaire
pour guider leurs pas sur les bonnes routes
où ils vont claudiquant
ce caillou dans la chaussure
qui les fera vomir aussi et ce sera
comme perdre un orteil
comme pourrir de l’intérieur
comme parler sabir inconnu d’eux-mêmes
Ce sera métamorphose
ce sera monstruosité sur figure humaine
l’œil vomi au milieu du visage comme vue unique
cyclopéenne du monde
Perle Vallens