atelier Laura Vazquez·photo n&b·poésie·prose

La foule et le nord

La foule se masse toujours dans la même direction, elle préfère se masser que s’espacer

La foule est parfois si compacte qu’elle ne laisse pas passer la lumière

La foule se fixe des rendez-vous et personne ne manque à l’appel

Aux avant-postes de la foule il y a une mini foule

On ne choisit pas la foule, c’est elle qui nous choisit

Le règne de la foule est dans la grande foulée, tous d’un même pas

La foule a des gestes désordonnés

La foule défile sans bruit (mais tout le monde sait que c’est faux)

Sans boussole la foule perd toujours le nord
mais y trouve une certaine gloire

Le nord oriente le mieux ce paysage froid qui fait défaut

Le nord est une voix lointaine que la foule écoute pour s’orienter

Emporté par la foule qui s’élance, le nord s’apparente à une danse

Le nord est une clé
Le nord est un souvenir
Le nord est une illusion

Sur la carte, le nord désigne l’inatteignable qui est souvent l’inattendu

Ce que la foule n’atteint pas, elle le rêve
Car la foule dort d’un même, d’un seul oeil
De l’autre, elle regarde le nord

Dans l’œil de la foule le nord est déficitaire

L’ennui est la distance qui sépare l’attente du nord de celle du futur
L’ennui est le principal agent d’érosion de la foule qui attend quelque chose du nord sans savoir quoi précisément

Le nord est l’obsession, vous ne le saviez pas ?

Perle Vallens

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